{"id":70037,"date":"2023-01-22T16:40:52","date_gmt":"2023-01-22T15:40:52","guid":{"rendered":"https:\/\/centcols.org\/backup\/?page_id=70037"},"modified":"2023-01-22T16:40:54","modified_gmt":"2023-01-22T15:40:54","slug":"de-briancon-a-lisoard-puis-saint-veran","status":"publish","type":"page","link":"https:\/\/centcols.org\/backup\/de-briancon-a-lisoard-puis-saint-veran\/","title":{"rendered":"De Brian\u00e7on \u00e0 l&#8217;Isoard, puis Saint-V\u00e9ran"},"content":{"rendered":"\n<p class=\"has-medium-font-size\"><strong>Samedi 5 ao\u00fbt,<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-medium-font-size\">Fin de notre s\u00e9jour au Grand-Bornand. Ce week-end est certainement le plus<br>charg\u00e9 sur les routes de France. Bison-Fut\u00e9 voit noir et nous, nous voyons la vie en rose, une vraie vie de retrait\u00e9s. Plut\u00f4t que rejoindre Valence, l\u2019A9 et la vall\u00e9e du Rh\u00f4ne, c\u2019est vers les Hautes-Alpes que nous nous dirigeons ce samedi matin avec pour premier objectif Brian\u00e7on au pied de l\u2019Izoard. <\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-medium-font-size\">Demain dimanche, la circulation sera plus fluide alors, profitons de cette journ\u00e9e en musardant par les routes buissonni\u00e8res.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-1 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\" style=\"flex-basis:50%\">\n<p class=\"has-medium-font-size\">Pour l\u2019instant, nous parcourons le Val Sulens, via Saint-F\u00e9reol, comme un au revoir \u00e0 cette route que j\u2019ai sillonn\u00e9e tant de fois cet \u00e9t\u00e9.<\/p>\n<p class=\"has-medium-font-size\">Apr\u00e8s Albertville, le GPS prend le pouvoir. L\u2019arriv\u00e9e est pr\u00e9vue \u00e0 Brian\u00e7on vers 10 h 40. Ce sera un peu tard pour attaquer le col de l\u2019Izoard,<br data-rich-text-line-break=\"true\" \/>mais c\u2019est jouable avec la possibilit\u00e9 de se restaurer<br data-rich-text-line-break=\"true\" \/>au refuge Napol\u00e9on, quasiment au sommet du col.<\/p>\n<p class=\"has-medium-font-size\">\u00a0<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\" style=\"flex-basis:50%\">\n<figure class=\"wp-block-image size-large is-resized\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/centcols.org\/backup\/wp-content\/uploads\/2023\/01\/Eglise-Val-Sulens-1.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-70044\" width=\"288\" height=\"403\"\/><figcaption>L&#8217;\u00e9glise de Serraval dans le Val Sulens<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-group\"><div class=\"wp-block-group__inner-container is-layout-flow wp-block-group-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-medium-font-size\">Bonjour l\u2019Italie, bonjour Bardonecchia. On pourra dire, sans mentir, en rentrant de vacances, nous avons fait un crochet en Italie. \u00c7a fait chic ! Cela aura dur\u00e9 vingt minutes \u00e0 peine, le temps de constater que les Alpes se prolongent bien, au-del\u00e0 de nos fronti\u00e8res. Et sit\u00f4t la sortie de la ville, la route attaque le <strong>col de l\u2019Echelle<\/strong> qui nous ram\u00e8ne en France. Il n\u2019y a plus de fronti\u00e8re, mais l\u2019\u00e9tat de la route est suffisamment explicite pour nous rep\u00e9rer. Route \u00e9troite, cahoteuse, en attente de subventions et puis, d\u2019un coup, un beau rev\u00eatement, un marquage au sol, une route plus large. C\u2019est la France qui nous d\u00e9roule le tapis rouge. M\u00eame la v\u00e9g\u00e9tation s\u2019est mise au diapason.<br><br>Apr\u00e8s le versant transalpin plut\u00f4t aride, la route se coule \u00e0 travers un bois bien fourni investi par des pique-niqueurs. Il est maintenant midi et si nos plans sont contrari\u00e9s, l\u2019impr\u00e9vu a tout de m\u00eame du bon puisque nous voil\u00e0 dans la <strong>vall\u00e9e de la Clar\u00e9e<\/strong>. Cette vall\u00e9e, j\u2019y pense depuis des ann\u00e9es, depuis f\u00e9vrier 1980 exactement. Pourquoi tant de pr\u00e9cision ? Gr\u00e2ce aux BPF l\u00e0<br>encore.<\/p>\n<\/div><\/div>\n\n\n\n<p class=\"has-medium-font-size\">\u00c0 cette occasion, j\u2019avais gravi le <strong>col de Vars<\/strong> \u00e0 v\u00e9lo, sous le soleil, dans un paysage d\u2019une puret\u00e9 cristalline et j\u2019avais point\u00e9 le BPF de ce col. O\u00f9 est le rapport avec la vall\u00e9e de la Clar\u00e9e ? J\u2019y viens. Je me souviens d\u2019avoir lu, ou plut\u00f4t d\u00e9vor\u00e9, l\u2019un des premiers livres qui ouvrait une nouvelle fen\u00eatre en litt\u00e9rature, celle du roman de terroir. C\u2019\u00e9tait \u00ab La soupe aux herbes sauvages \u00bb d\u2019Emilie Carles. J\u2019ai toujours en m\u00e9moire ces moments que j\u2019ai pass\u00e9s, au soleil d\u2019une chambre lambriss\u00e9e, aux odeurs de bois, derri\u00e8re une fen\u00eatre donnant sur les montagnes enneig\u00e9es. Le soleil du matin sur la neige, la chaleur, la douceur d\u2019un g\u00eete montagnard et le t\u00e9moignage d\u2019Emilie Carles, porte drapeau d\u2019un combat pour la d\u00e9fense de la vall\u00e9e de la Clar\u00e9e, elle institutrice de montagne retrait\u00e9e et moi jeune instituteur alors. \u00c7a ne s\u2019oublie pas.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-medium-font-size\">Nous y voici. Au pied du col, nous tournons \u00e0 droite vers la <strong>haute vall\u00e9e de la Clar\u00e9e<\/strong>, nous \u00e9loignant de Brian\u00e7on. Vu l\u2019heure, il est trop tard pour rouler avant le repas, alors \u00e0 \u00eatre l\u00e0, autant visiter et profiter du lieu. Nous parvenons au bout de la vall\u00e9e o\u00f9 la route cesse pour les automobilistes. La suite appartient aux randonneurs et \u00e0 la vue du parking complet, ils sont nombreux \u00e0 s\u2019\u00eatre \u00e9lanc\u00e9s sur les sentiers. <\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-medium-font-size\">\u00c0 <strong>N\u00e9vache<\/strong> nous trouvons notre bonheur dans un pr\u00e9, au bord de la Clar\u00e9e qui coule \u00e0 cinq m\u00e8tres de nous. L\u2019auberge est de l\u2019autre c\u00f4t\u00e9 de la route et la serveuse porte nos assiettes dans ce d\u00e9cor bucolique, les pieds dans l\u2019herbe, le fond de la vall\u00e9e se perdant au loin, les montagnes aux pentes abruptes et caillouteuses sur un c\u00f4t\u00e9, le torrent pr\u00e8s de nous, offrant cette fra\u00eecheur bienfaisante accompagn\u00e9e par un vent bienvenu lui aussi. \u00c0 cet instant, samedi midi, nous pensons \u00e0 la vall\u00e9e du Rh\u00f4ne certainement bloqu\u00e9e par une temp\u00e9rature proche de 40 \u00b0C. Nous sommes si bien ici dans ce bout du monde ! Pour ce qui est de la chaleur, je la redoute au vu de ce qui m\u2019attend. Et je le v\u00e9rifie bient\u00f4t quand, ayant repris notre route vers Brian\u00e7on, le thermom\u00e8tre grimpe in\u00e9luctablement \u00e0 mesure que la route redescend. \u00c0 Val-des-Pr\u00e9s on fr\u00f4le les 38\u00b0C puis \u00e0 Brian\u00e7on les 40 \u00b0C sont atteints.<br><\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-image\"><figure class=\"aligncenter size-large is-resized\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/centcols.org\/backup\/wp-content\/uploads\/2023\/01\/Briancon.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-70052\" width=\"608\" height=\"429\"\/><figcaption>Brian\u00e7on, vu des premi\u00e8res pentes de l&#8217;Isoard<\/figcaption><\/figure><\/div>\n\n\n\n<p class=\"has-medium-font-size\">Le <strong>col d\u2019Izoard <\/strong>d\u00e9bute d\u00e8s la sortie de la ville. Et d\u00e8s les premiers tours de roue la sanction tombe. J\u2019aurais d\u00fb dire enfourner mon v\u00e9lo plut\u00f4t qu\u2019enfourcher, tant la chaleur est \u00e9touffante, comme dans un four. Seul point positif, le vent est favorable. Je le regrette pour une fois, car les rares instants o\u00f9 il me fait face, je sens un semblant de fra\u00eecheur qui me ravigote un peu. Mais \u00e7a ne dure pas. Je<br>joue avec mon compteur, j\u2019affiche le kilom\u00e9trage, le d\u00e9nivel\u00e9. J\u2019h\u00e9site \u00e0 afficher la<br>temp\u00e9rature, j\u2019ai trop peur de perdre d\u00e9finitivement le moral. Et pourtant j\u2019y viens. 39 \u00b0C, puis par dixi\u00e8me \u00e7a continue \u00e0 monter. Moi aussi, et la pente n\u2019est pas tr\u00e8s conciliante. C\u2019est d\u00e9cid\u00e9, \u00e0 40 \u00b0C j\u2019arr\u00eate. \u00c0 41 \u00b0C je me dis que je suis fou, 64 ans le mois dernier, ce n\u2019est pas prudent, je ne suis plus tr\u00e8s jeune. \u00c0 41,2 \u00b0C, je bascule mon compteur sur l\u2019heure, Inutile de continuer \u00e0 regarder cette temp\u00e9rature affich\u00e9e, \u00e7a me d\u00e9moralise. Je me rends bien compte que la chaleur est difficilement supportable. Mon bidon d\u2019eau, le pauvre, est comme moi, encore temp\u00e9r\u00e9 il y a un quart d\u2019heure, c\u2019est maintenant un vrai bouillon, une tisane insipide. Soudain, oh miracle, de l\u2019ombre ! Ce n\u2019est pas qu\u2019il fasse bon tout d\u2019un coup, on dira que c\u2019est juste un peu mieux, ne plus sentir le soleil qui br\u00fble la peau, perdre deux ou trois degr\u00e9s, c\u2019est d\u00e9j\u00e0 le d\u00e9but du bonheur. De plus la pente semble s\u2019adoucir. Les kilom\u00e8tres d\u00e9filent, au ralenti bien s\u00fbr, mais chaque kilom\u00e8tre retranch\u00e9 du total, c\u2019est l\u2019espoir qui augmente, m\u00eame si le corps faiblit. <\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-medium-font-size\">Pass\u00e9 <strong>Cervi\u00e8res <\/strong>j\u2019ai enfin trouv\u00e9 mon rythme de croisi\u00e8re qui oscille entre 10 et 12 km\/h. Un peu d\u2019ombre et quelques lacets qui rompent la monotonie de l\u2019ascension, offrent des portions o\u00f9 le vent vient en alternance pousser le cycliste ou le rafra\u00eechir. L\u2019automatisme s\u2019installe. Le sommet se devine au loin. Les 2000 m\u00e8tres d\u2019altitude sont maintenant d\u00e9pass\u00e9s. Les derniers lacets semblent plus serr\u00e9s et la pente plus rude. Qu\u2019importe, voil\u00e0 le refuge Napol\u00e9on. Je m\u2019y arr\u00eate pour appr\u00e9cier d\u00e9j\u00e0 le vent des cimes.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-medium-font-size\">Renseignement pris, il y a une boutique de souvenirs au sommet du col, c\u2019est donc l\u00e0 que je validerai mon BPF. Le dernier kilom\u00e8tre est un vrai plaisir, celui d\u2019avoir gagn\u00e9 la partie, de toucher au but, de concr\u00e9tiser un projet longtemps entrevu.<br><\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-image\"><figure class=\"aligncenter size-large is-resized\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/centcols.org\/backup\/wp-content\/uploads\/2023\/01\/Isoard.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-70058\" width=\"676\" height=\"529\"\/><figcaption>Dans le dernier kilom\u00e8tre du Col de l&#8217;Isoard &#8211; 2360 m\u00e8tres<\/figcaption><\/figure><\/div>\n\n\n\n<p class=\"has-medium-font-size\">C\u2019est fait, c\u2019est dans la poche. Maintenant, appr\u00e9cions. La vue est magnifique sur les deux versants du col. Sur la gauche est \u00e9rig\u00e9e une st\u00e8le dat\u00e9e de 1934, rappelant au touriste de passage que cette splendide route des Alpes est le fruit du travail des hommes et que ces cols o\u00f9 nous suons pour notre seul loisir, d\u2019autres y ont su\u00e9 pour gagner leur pain. Le panorama est exceptionnel avec ces pans de montagnes pel\u00e9es, sans asp\u00e9rit\u00e9s, couverts d\u2019une sorte de sable, plongeant vers la vall\u00e9e en une course rectiligne et pentue, comme si tout allait<br>glisser vers le fond. Des pentes pour funambules uniquement avec quelquefois un arbre souffreteux qui s\u2019accroche ou bien des roches pointant vers le ciel leur rigidit\u00e9 qui semble se jouer de l\u2019\u00e9rosion. Et le plus beau est \u00e0 venir. <\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-medium-font-size\">D\u00e8s le d\u00e9but de la descente, le site de la Casse D\u00e9serte appara\u00eet, un paysage min\u00e9ral o\u00f9 l\u2019\u00e9rosion a tout lamin\u00e9 sur son passage formant des \u00e9boulis vertigineux sous le regard hautain d\u2019une for\u00eat \u00e9parse de pics d\u00e9chiquet\u00e9s.<br>Sur ces pentes se sont inscrites quelques unes des plus belles pages du Tour de France. Une st\u00e8le \u00e0 la m\u00e9moire du campionissimo Fausto Coppi et du champion Louison Bobet le rappelle au passant. <\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-gallery aligncenter columns-2 is-cropped wp-block-gallery-1 is-layout-flex wp-block-gallery-is-layout-flex\"><ul class=\"blocks-gallery-grid\"><li class=\"blocks-gallery-item\"><figure><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"441\" height=\"333\" src=\"https:\/\/centcols.org\/backup\/wp-content\/uploads\/2023\/01\/Casse-deserte.jpg\" alt=\"\" data-id=\"70070\" data-full-url=\"https:\/\/centcols.org\/backup\/wp-content\/uploads\/2023\/01\/Casse-deserte.jpg\" data-link=\"https:\/\/centcols.org\/backup\/?attachment_id=70070\" class=\"wp-image-70070\"\/><figcaption class=\"blocks-gallery-item__caption\">La Casse d\u00e9serte<\/figcaption><\/figure><\/li><li class=\"blocks-gallery-item\"><figure><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"432\" height=\"325\" src=\"https:\/\/centcols.org\/backup\/wp-content\/uploads\/2023\/01\/Stele-Coppi-Bobet-1.jpg\" alt=\"\" data-id=\"70131\" data-full-url=\"https:\/\/centcols.org\/backup\/wp-content\/uploads\/2023\/01\/Stele-Coppi-Bobet-1.jpg\" data-link=\"https:\/\/centcols.org\/backup\/?attachment_id=70131\" class=\"wp-image-70131\"\/><figcaption class=\"blocks-gallery-item__caption\">La st\u00e8le de Coppi et Bobet<\/figcaption><\/figure><\/li><\/ul><\/figure>\n\n\n\n<p class=\"has-medium-font-size\">La descente vers Brunissard puis Arvieux est comme un zoom avant vers le fond de la vall\u00e9e. C\u2019est aussi un moment de r\u00e9cup\u00e9ration et de vitesse qui apaise la sensation de chaleur.<br><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-medium-font-size\">Mais d\u00e9j\u00e0 un embranchement siffle la fin de la r\u00e9cr\u00e9ation. Voici la vall\u00e9e du Guil que je remonte avant de tourner \u00e0 droite en direction de <strong>Saint-V\u00e9ran<\/strong>. Au passage, <strong>Ch\u00e2teau-Queyras<\/strong> nous gratifie d\u2019une jolie vue sur son ch\u00e2teau m\u00e9di\u00e9val o\u00f9 Vauban a s\u00e9vi l\u00e0 encore.<br><\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-image\"><figure class=\"aligncenter size-large is-resized\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/centcols.org\/backup\/wp-content\/uploads\/2023\/01\/Chateau-Queyras.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-70094\" width=\"636\" height=\"431\"\/><figcaption>Chateau-Queyras<\/figcaption><\/figure><\/div>\n\n\n\n<p class=\"has-medium-font-size\">Je sais que <strong>St-V\u00e9ran<\/strong> est la commune la plus \u00e9lev\u00e9e d\u2019Europe \u00e0 plus de 2000 m\u00e8tres d\u2019altitude. J\u2019ai vite fait le calcul, de 2360 m\u00e8tres \u00e0 l\u2019Izoard et apr\u00e8s 15 kilom\u00e8tres de descente, je dois me trouver aux environs de 1000 m\u00e8tres d\u2019altitude, donc il me reste dans les 1000 m\u00e8tres de d\u00e9nivel\u00e9 \u00e0 escalader \u00e0 nouveau.<br><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-medium-font-size\">Vu l\u2019\u00e9tat de fra\u00eecheur du bonhomme, je vais effectuer ma mont\u00e9e du Golgotha, mon chemin de croix en somme, mais librement consenti. Plus tard, les souvenirs embelliront l\u2019\u00e9pisode. Il faut bien se trouver des motivations quand le soleil tape sur le dos, quand les jambes \u00e9crasent les p\u00e9dales et que la route d\u00e9file au ralenti, quand chaque virage derri\u00e8re lequel vous placez votre espoir ne fait que surench\u00e9rir dans la difficult\u00e9.<br><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-medium-font-size\">Alors que dire du Queyras ? Je ne peux pas en faire les louanges, mon jugement serait trop subjectif. Malgr\u00e9 tout je parlerai d\u2019une beaut\u00e9 que je qualifierai d\u2019aust\u00e8re, d\u2019aride, de min\u00e9rale. Le soleil m\u2019influence c\u2019est s\u00fbr, mais il faut comprendre d\u2019o\u00f9 je viens, du Grand-Bornand, Haute-Savoie, aux vall\u00e9es larges et verdoyantes, aux montagnes accessibles et bois\u00e9es, aux routes sympathiques que je c\u00f4toyais le matin. Or il est bient\u00f4t 17 heures et cela fait presque 4 heures que je suis sur l\u2019asphalte, comme sur un gril. Je ne dirai pas que je sue, en r\u00e9alit\u00e9 je coule l\u2019eau, la sueur faisant des petits ruisseaux sur mes tibias. Mes jambes brillent d\u2019un rouge cuivr\u00e9, comme apr\u00e8s une ond\u00e9e. Au point o\u00f9 j\u2019en suis, j\u2019y arriverai, je vais avancer, comme le pigeon sous la pluie, imperturbable aux \u00e9l\u00e9ments ext\u00e9rieurs. Avancer, arriver l\u00e0-haut, \u00e0 ce village dont j\u2019aper\u00e7ois enfin les maisons perch\u00e9es au-dessus du vide. <\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-medium-font-size\">Et les deux derniers kilom\u00e8tres sont les plus durs, pas seulement \u00e0 cause de l\u2019\u00e9tat de d\u00e9labrement du cycliste, mais r\u00e9ellement plus pentus.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-image\"><figure class=\"aligncenter size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"382\" height=\"514\" src=\"https:\/\/centcols.org\/backup\/wp-content\/uploads\/2023\/01\/St-Veran.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-70113\" srcset=\"https:\/\/centcols.org\/backup\/wp-content\/uploads\/2023\/01\/St-Veran.jpg 382w, https:\/\/centcols.org\/backup\/wp-content\/uploads\/2023\/01\/St-Veran-372x500.jpg 372w\" sizes=\"(max-width: 382px) 100vw, 382px\" \/><figcaption>Dans une rue de Saint-V\u00e9ran<\/figcaption><\/figure><\/div>\n\n\n\n<p class=\"has-medium-font-size\"><br><strong>Saint-V\u00e9ran,<\/strong> un des plus beaux villages de France, une appellation distill\u00e9e au comptegouttes, g\u00e9n\u00e9ralement justifi\u00e9e, mais une appellation qui appelle \u2026 les touristes. Et comme souvent la foule motoris\u00e9e est contenue \u00e0 l\u2019ext\u00e9rieur de la cit\u00e9, moyennant une taxe de stationnement. Parking 1, 2, 3\u2026<br><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-medium-font-size\">Nous sommes maintenant pr\u00e9occup\u00e9s par notre h\u00e9bergement de la soir\u00e9e. Nous montons une premi\u00e8re rue jusqu\u2019aux Chalets du Villard, o\u00f9 nous trouvons un h\u00f4tel bien dans le style montagnard, bois et pierres, fondu dans le paysage et que rien ne signale \u00e0 l\u2019attention. L\u2019int\u00e9rieur nous donne envie, dormir et manger ici ce soir seraient le point d\u2019orgue de nos vacances. <\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-medium-font-size\">Trois fois h\u00e9las, l\u2019h\u00f4tel est complet. Le cadre \u00e9tait bien et le patron aussi. Il a pass\u00e9<br>un bon quart d\u2019heure au t\u00e9l\u00e9phone pour prospecter chez ses coll\u00e8gues des environs avant de nous trouver un point de chute \u00e0 Abri\u00e8s, dans la vall\u00e9e. De plus il m\u2019a accord\u00e9 le fameux tampon dans l\u2019une des six cases de mon carton BPF des Hautes-Alpes. \u00c7a valait bien une consommation, cal\u00e9 dans un bon fauteuil. C\u2019est l\u00e0 o\u00f9 on s\u2019aper\u00e7oit que certaines bi\u00e8res ont un go\u00fbt sup\u00e9rieur aux autres. La premi\u00e8re gorg\u00e9e de bi\u00e8re de Philippe Delerm, ce livre qui d\u00e9taille ces petits bonheurs du quotidien souvent non per\u00e7us. Qu\u2019aurait-il \u00e9crit s\u2019il l\u2019avait bue \u00e0 Saint-V\u00e9ran au terme d\u2019un apr\u00e8s-midi ext\u00e9nuant ? Un grand bonheur certainement.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-medium-font-size\"><br>Honn\u00eatement, nous n\u2019avons pas arpent\u00e9 tout le village de Saint-V\u00e9ran, \u00e0 cause de l\u2019heure, de la chaleur, de la fatigue, mais toutefois nous avons pris le temps de fixer sur la pellicule quelques ruelles \u00e9troites et bien s\u00fbr ces maisons traditionnelles au volume important et qui servent \u00e0 la fois d\u2019habitation, d\u2019\u00e9curie et de lieu de stockage des r\u00e9coltes. Les greniers \u00e0 claire voie laissent circuler l\u2019air pour le s\u00e9chage du foin. Le bois vieilli, omnipr\u00e9sent dans ces constructions, laisse planer une menace en cas d\u2019incendie, ces maisons sont des feux de la Saint-Jean en puissance. La majorit\u00e9 date des 17\u00e8 et 18\u00e8 si\u00e8cles et ces maisons ont pr\u00e9serv\u00e9 leur charme d\u2019antan. Ce village a une \u00e2me et un pass\u00e9 \u00e9tonnamment conserv\u00e9s et vivaces. On quitte \u00e0 regret Saint-V\u00e9ran o\u00f9 nous aurions bien aim\u00e9 dormir.<br><\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-gallery columns-2 is-cropped wp-block-gallery-2 is-layout-flex wp-block-gallery-is-layout-flex\"><ul class=\"blocks-gallery-grid\"><li class=\"blocks-gallery-item\"><figure><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"432\" height=\"330\" src=\"https:\/\/centcols.org\/backup\/wp-content\/uploads\/2023\/01\/St-Veran-Grenier.jpg\" alt=\"\" data-id=\"70125\" data-full-url=\"https:\/\/centcols.org\/backup\/wp-content\/uploads\/2023\/01\/St-Veran-Grenier.jpg\" data-link=\"https:\/\/centcols.org\/backup\/st-veran-grenier\/\" class=\"wp-image-70125\"\/><figcaption class=\"blocks-gallery-item__caption\">St V\u00e9ran &#8211; Grenier typique<\/figcaption><\/figure><\/li><li class=\"blocks-gallery-item\"><figure><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"429\" height=\"324\" src=\"https:\/\/centcols.org\/backup\/wp-content\/uploads\/2023\/01\/Abries.jpg\" alt=\"\" data-id=\"70119\" data-full-url=\"https:\/\/centcols.org\/backup\/wp-content\/uploads\/2023\/01\/Abries.jpg\" data-link=\"https:\/\/centcols.org\/backup\/abries\/\" class=\"wp-image-70119\"\/><figcaption class=\"blocks-gallery-item__caption\">Abri\u00e8s &#8211; matin frisquet<\/figcaption><\/figure><\/li><\/ul><\/figure>\n\n\n\n<p class=\"has-medium-font-size\"><br>\u00c0 19 heures, nous prenons possession d\u2019une chambre au chalet Lanza \u00e0 Abri\u00e8s, un h\u00f4tel alpin modeste et familial o\u00f9 la cuisine rustique nous rassasiera ce soir. Une petite balade avant la nuit est la bienvenue dans ce village aux portes de l\u2019Italie, apr\u00e8s les 41 \u00b0C de l\u2019Izoard. La promenade nocturne, au bord du Guil, torrent n\u00e9 juste au-dessus dans la montagne, nous apporte cette fraicheur agr\u00e9able qui pr\u00e9dispose au sommeil.<br><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-medium-font-size\">Et le lendemain la montagne nous livre une de ses fac\u00e9ties m\u00e9t\u00e9orologiques qu\u2019on commence \u00e0 conna\u00eetre pourtant, mais qui nous surprend toujours, un petit 12 \u00b0C agr\u00e9ment\u00e9 d\u2019un orage. Les marchands italiens venus expr\u00e8s pour ce march\u00e9 dominical particulier se replient sous leurs toiles. Et nous, nous repartons vers l\u2019H\u00e9rault en laissant derri\u00e8re nous Abri\u00e8s, ultime \u00e9tape de nos vacances d\u2019\u00e9t\u00e9 2017<br><\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-2 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\" style=\"flex-basis:33.33%\">\n<p class=\"has-vivid-cyan-blue-color has-text-color has-medium-font-size\">Texte et photos :<br>Ren\u00e9 BALDELLON<br>CC Vias.<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\" style=\"flex-basis:66.66%\">\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"458\" height=\"404\" src=\"https:\/\/centcols.org\/backup\/wp-content\/uploads\/2023\/01\/CBaldellon.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-70101\"\/><\/figure>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-3 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\" style=\"flex-basis:100%\"><\/div>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Samedi 5 ao\u00fbt, Fin de notre s\u00e9jour au Grand-Bornand. 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Ce week-end est certainement le pluscharg\u00e9 sur les routes de France. Bison-Fut\u00e9 voit noir et nous, nous voyons la vie en rose, une vraie vie de retrait\u00e9s. Plut\u00f4t que rejoindre Valence, l\u2019A9 et la vall\u00e9e du Rh\u00f4ne, c\u2019est vers les Hautes-Alpes que nous nous dirigeons ce samedi matin avec pour premier objectif Brian\u00e7on au pied de l\u2019Izoard. Demain dimanche, la circulation sera plus fluide alors, profitons de cette journ\u00e9e en musardant par les routes buissonni\u00e8res. 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