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Du Luitel aux cimes inaccessibles...

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Les cols que nous franchissons si facilement avec nos montures modernes n'étaient-ils pas, il y a une trentaine d'années, que des demeures réservées aux dieux ?

Après tant de convoitises de la part de nos anciens, avec tant d'obstination de la part de nos adhérents, ne sont-ils pas devenus, aujourd'hui, que des repaires de démons ?

En rédigeant l'historique de la Confrérie pour diffusion sur le nouveau site Internet, j'ai avec bonheur rêvé trente années de vie et d'amitié.
A la naissance du Club des Cent Cols, peu de cyclos sortaient des sentiers battus, peu s'expatriaient. Marcel Brioud proposa, dès 1972, une liste de plus de 600 cols différents (dont chose rare à l'époque, plusieurs muletiers). Il étonna beaucoup et fit de très nombreux adeptes.

Aujourd'hui, les membres du club sillonnent le monde entier. Ils cueillent et collectionnent avec délices ces cols nombreux, lointains et toujours de plus en plus élevés. L'envie de conquête se pare de la redingote du chercheur. Le "Cent Cols" moderne, avec son VTT, découvre qu'en pratiquant le vélo en montagne, non seulement il pénètre dans un univers merveilleux qu'il ne connaissait pas toujours mais, à travers cette beauté, cette grandeur, ne se découvre t-il pas lui-même ?
Alors commence à se poser la finalité de notre pratique, les interdits fleurissent, les règlements modèrent nos ambitions. L'écologiste qui a remplacé le botaniste est plus politique que passionné de nature. Il ne nous aime pas particulièrement ! Avons-nous encore une place dans cette montagne que nous avons conquise, aimée et qui nous procure tant de joies ?

Je pense que nous devons répondre avec détermination et avec une très forte mobilisation pour pérenniser cette pratique. Ethique que j'ai souhaitée dès la création de la Confrérie et que vous défendez avec tant de conviction.

Dans l'histoire des relations des Centcolistes avec la montagne, saurons-nous garder raison ? Oui, je l'espère ; et je formule des vœux pour que soit préservé ce simple et grand bonheur.

Jean PERDOUX


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