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LA CYCLOLONGA DEI LAGHI PREALPINI

Revue N° 09 Page 54

Si vous êtes du genre « chasseur de cols à tout prix », cette épreuve de 200 km et qui n’en comporte que trois, ne vous concerne peut-être pas, mais si vous êtes du genre à aimer la montagne à 15 % et les panoramas superbes, ceci vous intéresse au plus haut point.

Sur le plan touristique, vous serez comblés. Après une mise en jambes sur route plate où on flirte avec les petits lacs de Merale et de Conabbio, vous traverserez quelques villages typiques avant d’attaquer le premier morceau de la journée : le Mottarone.

Lacets en forêt, route tranquille menant dès la mi-col à des points de vue de rêve surplombant à sa gauche le lac d’Orta, à sa droite le Lac Majeur, en toile de fond les cimes enneigées du Monte Rosa.

Dans la descente, peu de temps pour s’attarder et c’est regrettable, la forêt est superbe !

A partir de Sesto Calende, que l’on relie par un très beau pont où une photo mérite d’être prise au moins côté lac, la route est entourée de villas ravissantes avec des jardins verdoyants. On longe enfin le Lac Majeur et la portion qui relie Angera à Ranco présente un intérêt tout particulier, incitant à la rêverie et au farniente…

Après le contrôle de Malgesso et une portion de route à grande circulation que les organisateurs ont su éviter au maximum, c’est la Passo Cuvignone avec une première partie en forêt longeant une rivière, et un site beaucoup plus imposant après le village de Varado, offrant alors un coup d’œil remarquable vers de lointains horizons.

De Luino à Ponte Tresa, vous longerez la Suisse dans la verdure avant de reprendre une route en moyenne altitude où la campagne et la forêt se succèdent de Marchirolo à Orino.

Un coup d’œil sur le lac de Varèse vers Gavirate avant d’atteindre Malgesso. Sur le plan sportif, bien que cette randonnée ne comporte pas de nom de col prestigieux, croyez-moi, vous en aurez pour votre argent : après Arona (25ème km), vous serez tout de suite dans le vif du sujet avec les « rampaillons » qui vous mènent au pied du Mottarone.

Celui-là, c’est déjà quelque chose : du 15 % en escaliers dans sa première partie, puis 5 kilomètres de route non goudronnée où le sable dans lequel on s’enfonce semble doubler le pourcentage de la pente !…

Le Passo Cuvignone, c’est une autre histoire… Un très bon revêtement dans le sens montant, mais regardez la carte Michelin n° 26 (Italie-Suisse) et jetez un coup d’œil sur les chevrons… Vous comprendrez que je ne plaisante pas… lui non plus ! Sur la dernière partie du parcours, outre le petit col de Marchirolo qui fait des dégâts lorsqu’on a 170 kilomètres dans les jambes, une série de montagnes russes ne vous quittera que pour plonger sur Gavirate… en attendant les deux petites grimpettes à la fin du parcours…
Sur le plan organisation et ambiance, nous qui l’avons réalisé en 1980, nous avons été agréablement surpris de voir aussi peu de voitures suiveuses : les Italiens seraient-ils plus raisonnables que nous ? En tout cas, quel plaisir de pédaler seulement entre cyclistes !…

Le fléchage, sans lequel sur ce parcours tourmenté on se perdrait, fut parfait.

Le contrôle sur le même lieu que le départ au 120ème kilomètre permet de ne pas se surcharger inutilement durant la première partie

Une mention toute particulière pour l’accueil qui nous fut réservé. Maryse, une des deux seules féminines participantes ne cessait d’être encouragée. Plus on avançait dans les difficultés et plus on entendait de « complimenti à la signora ». A l’arrivée, ce fut presque un triomphe. Il est vrai que la « ciclolonga » n’en est pas encore au stade du gigantisme de certains brevets où le randonneur n’est plus qu’un numéro anonyme parmi des milliers d’autres…

Après l’arrivée, tout le monde avait l’air de se connaître et, le comité organisateur étant en grande partie français, nous n’étions nullement dépaysés.

Cette randonnée mérite d’être mieux connue, elle en vaut bien d’autres qui ont acquis leurs lettres de noblesse et croyez-moi amis des « cent cols », si le Mottarone et le Cuvignone n’ont pas à vos yeux des noms prestigieux, lorsque vous les aurez vaincus, votre opinion changera. Moi-même j’étais un peu sceptique au départ lorsqu’un « ancien » faisait une comparaison avec le Ventoux… J’ai depuis changé d’avis !

Bien sûr, comme je vous le disais au début, vous n’obtiendrez pas un brillant score de cols au cours de cette randonnée, le Mottarone étant exclu de la liste, si vous êtes un « chasseur de cols », vous êtes moins concernés que le randonneur à tout faire dont je fais partie et qui est bien content d’avoir réalisé un parcours des plus beaux de sa carrière de cyclo.

Si un jour, vers la fin de l’an X…vous décidez d’y aller, alors n’oubliez surtout pas votre appareil de photo et vos plus gros pignons, vous ne regretterez ni l’un ni l’autre.

Robert Bellone

Antibes (06)


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