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Au pays des volcans

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Le dimanche 13 juillet 1986, 811 cyclos dont 56 cyclottes se sont retrouvés à Clermont-Ferrand pour participer à la célèbre " Randonnée des Puys " (240 km avec 4500m de dénivelée) comptant pour l'obtention du B.C.M.F.

Avec Pierre, mon ami biterrois, nous voilà, dés le samedi, à la maison des sports, pour récupérer nos feuilles de route.

Après une toute petite nuit, réveil à deux heures du matin, derniers préparatifs et solide petit déjeuner avant de soumettre nos vélos au contrôle très sévère des éclairages.

3 heures 1/4, nous enfourchons nos vélos.

De nombreux cyclos ont déjà pris le départ, déroulant sur le boulevard, l'interminable serpentin de lucioles rouges, suivis pendant cette traversée nocturne de la ville, par les regards curieux des " couche tard " et des " lève tôt ".

Au-dessus de nos têtes règne majestueusement, comme un ange gardien veillant sur la ville, le célèbre Puy-de-Dôme que nous distinguons très bien grâce à la couronne de puissants projecteurs disposés à son sommet.

Dur ! dur ! Quelle entrée en matière, on m'avait bien parlé de la côte de la Baraque !

- Col de Ceyssat (1078 mètres).

- Col de la Moreno (1062 mètres), premier contrôle nocturne.

Enfin le jour se lève, ce qui nous permet de découvrir la belle église d'Orcival, très typique de l'art roman auvergnat. Et ça grimpe toujours !

- Col de Guéry (1268 mètres).

- Col de la Croix Morand (1401 mètres), également appelé du nom charmant de Col de Diane.

" Descente dangereuse ", nous signalent les membres de la Croix-Rouge qui nous accompagnent. Nous restons prudents à cause des nombreux cailloux roulés sur la route par le très violent orage de la veille. Nos doigts sont crispés sur les freins et engourdis par le froid mais le point de vue est exceptionnel. Anciens volcans, lacs de cratères aux eaux limpides, verdeur des pâturages, les paysages que nous découvrons à chaque virage sont merveilleux.

Nous arrivons au lac Chambon pour le deuxième contrôle et le premier ravitaillement. Les boissons chaudes sont les bienvenues car le froid est vif malgré les premiers rayons du soleil.

Nous nous réchauffons rapidement car ça grimpe à nouveau en direction de Besse et de la célèbre station de ski de Super Besse (1350 mètres) où nous devons nous soumettre à un troisième contrôle.

Il est 9 h 1/4 , voilà déjà 6 heures que nous avons pris la route, et pourtant, nous n'avons effectué que 86 km. Il reste encore 154 km à parcourir !

Nous prenons quand même le temps de faire quelques photos au bord du lac situé au bas de la station auvergnate.

Une courte descente nous conduit au pied du col de la Geneste (1361 mètres) que nous gravissons sans difficulté avant de plonger dans une longue et rapide descente vers Egliseneuve où nous pénétrons dans le département du Cantal. Nous nous arrêtons pour un nouveau contrôle ainsi que pour avaler un bon casse-croûte arrosé d'un " canon " de rouge.

Nous nous retrouvons entre gens du sud-ouest avec les groupes de Castanet, déjà rencontrés à plusieurs reprises, de Saint-Gaudens, de Villefranche de Lauragais.

Nous reprenons la route sous les " flonflons " de la fanfare locale car c'est la fête au village.

Nous continuons notre descente jusqu'au très coquet village de Condat, avec ses toitures en lauzes.

Avant de quitter le Cantal, nous traversons Montboudif. Un panneau nous informe que nous sommes au village natal du président Pompidou.

La route est devenue un véritable toboggan, les montées et les descentes se succèdent inlassablement, et toujours le vent de face.

Prés de la Tour d'Auvergne, nous décidons de prendre notre repas de midi. Sous l'œil surpris de quelques vaches qui paissent tranquillement ; bercés par le son de leurs clarines, nous avalons nos provisions d'un bon appétit.

Après un repos d'une demi-heure que nous jugeons bien mérité, en route pour la célèbre station thermale du Mont Dore, très belle dans son écrin de verdure, et dominée par le deuxième géant du Massif Central : le Puy de Sancy.

Et ça grimpe encore, jusqu'au dernier grand col de la journée. Le col de la Croix Saint-Robert (1451 mètres), point culminant de la randonnée. Nous sommes sur les pentes des volcans, au cœur de la chaîne des Monts Dores.

Nous prenons encore quelques photos pour l'album souvenir, et nous nous lançons dans une descente comme nous les aimons. La route est large, le revêtement excellent, ce qui nous amène très rapidement, et pour la deuxième fois de la journée, sur les bords du lac Chambon, où les véliplanchistes s'adonnent à leur passe-temps favori.

Contrôle, petit ravitaillement, nous remplissons nos bidons pour les 53 derniers kilomètres. Les jambes se font lourdes, nous doublons de nombreux " rapides " du petit matin qui ont perdu de leur superbe. Dans leurs têtes doivent trotter quelques bribes de vieux proverbes : " rien ne sert de courir... ménage sa monture ".

Pour nous deux, grâce à notre prudence matinale, tout va bien.

Nous parvenons à Murol et son imposant château féodal, puis à St-Nectaire qui a donné son nom au délicieux fromage que nous connaissons, et où nous pouvons admirons l'église romane, véritable joyau architectural.

Bientôt, nous apercevons au loin, à notre soulagement, la chaîne des Monts Dômes et le Puy de Dôme. Ça sent bon le bercail.

Nous empruntons une route forestière menant au château de Montlosier, siège du parc régional des volcans d'Auvergne. Avant dernier contrôle.

Ici, un ensemble complet de phénomènes volcaniques : cratères, volcans, coulées de laves, etc... attire les très nombreux touristes et promeneurs du dimanche.

Quelques kilomètres plus loin, changement total de décor, puisque nous nous retrouvons sur le célèbre circuit de Charade, où ont lieu les plus prestigieuses courses automobiles.

Tribunes, panneaux publicitaires, double rail de protection, virages relevés, la descente est très rapide, mais comment se prendre pour Alain Prost sur nos modestes vélos.

Nous traversons la non moins célèbre station de Royat et abordons enfin les premiers quartiers de Clermont Ferrand. Sur les boulevards, à la faveur des arrêts aux feux rouges, les pelotons se reforment pour rejoindre la maison des sports où les photographes s'en donnent à cœur joie.

Après le dernier coup de tampon donné par de charmantes hôtesses, nous achetons l'inévitable médaille qui viendra enrichir notre collection, et faisons remplir notre carnet B.C.M.F. Mission accomplie pour le Massif Central.

Nous terminons notre journée par une bonne douche oh combien méritée et par un excellent repas, avec nos épouses, dans un bon restaurant de la ville.

Quel plaisir d'avoir participé à cette belle randonnée et combien de souvenirs accumulés ! C'est quand même bien agréable quand la forme est au rendez-vous. En ce qui me concerne : Merci à la Flèche Vélocio ! Grâce à elle, j'ai roulé cet hiver.

J.C. Eychenne

09 Tarascon-sur-Ariège


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