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Les délices de Capoue et les Ponts Pidou

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Pris par ailleurs à cette date les années précédentes, je n'avais pu jusqu'ici réaliser mon souhait de participer à la traditionnelle randonnée du 1er mai organisée par St Jean du Gard Cyclotourisme, qualificative pour le Brevet de Randonneur Cévenol. Ce fut chose faite grâce à mon copain Maurice Bayol, qui me véhicula sur les lieux, ce samedi 1er mai 1993, pour les Ruisseaux Cévenols.

Arrivés la veille pour coucher sur place, nous eûmes d'abord quelques difficultés à joindre téléphoniquement l'ami Claude Séguy, peut-être à cause de mon phare.. allo-gêne!

Les prévisions désastreuses de la météo ne s'étant heureusement pas concrétisées, c'est donc sans pluie, mais le long de Gardons bien gonflés et bondissants du fait sans doute des fortes précipitations de la veille, que nous passâmes la journée.

Le matin, beaucoup de montées; l'après-midi, beaucoup de descentes ! Voilà un programme qui me convenait parfaitement, au coeur des Cévennes, toujours agréables à parcourir.

Une délicieuse mise en jambes par le val de Capou(e), le passage près de bucoliques petits ponts surplombant des torrents tumultueux, nous amenèrent par paliers au pont... présidentiel, le POMPIDOU (arche de 772 mètres), où nous avons pu nous restaurer grâce au ravitaillement mis en place par les organisateurs. Ce n'est qu'au retour que j'ai appris qu'il y avait sur place un excellent restaurant; en fait, grâce à la rapidité du casse-croûte et à la longue partie descendante après Barre des Cévennes, notre arrivée exceptionnellement (pour moi) tôt dans l'après-midi nous permit de revenir à Rodez à une heure tout à fait raisonnable, en traversant en voiture des orages qui nous avaient été épargnés à vélo.
Étant dans le fief d'Eddius, je me dois d'implorer son indulgence pour avoir cyclé avec Bernard del Socorro, coupable de crime de lèse-majesté à son égard dans son récit de Thonon-Trieste (il a osé contester l'exploit d'Eddius au Portet d'Aspet !) mais je l'ai en quelque sorte vengé car, au sommet du pentu col de Solpérière, grimpé en la compagnie du contestataire et avec mon acolyte Maurice, j'ai royalement sprinté à la manière du grand Eddius, ne laissant aucune chance à mes compagnons et surtout remettant ainsi Bernard à sa juste place par rapport au Grand Maître. Pourtant, il avait les mêmes atouts que moi puisque également équipé d'une randonneuse 650.

C'est dans ce même col qu'auparavant j'avais eu une vision qui a dû me transcender: alors que je montais sur mon 28x26 à dix kilomètres à l'heure, en racontant des histoires comme à mon habitude, j'ai doublé quelques participants juchés sur des machines légères et toutes nues; j'ai vu tout à coup un joli cycliste, à bout de forces sur un vélo carbone, transformé en vache (qui ne rit pas), ce qui ne paraît pas extraordinaire puisqu'il était devenu un beau vidé !!! Je ne me souviens pas s'il avait un guidon en corne de boeuf, mais je sais que j'ai bu du Viandox pour me remettre...

En tout cas, nous gardons un bon souvenir de cette journée cévenole. PS. : Fait rarissime: nous eûmes droit à trois belles médailles pour le prix de deux.

Henri BOSC N°110

Mionet (Aveyron)



NDLR : Alors mon bon ami Henri, encore une fois, tu as sprinté "royalement" pour battre tes compagnons de randonnée !! Te souviens-tu de notre flèche pascale de 1977 ?? Nous étions ce jour là cinq membres du comité directeur de la F.F.C.T. (Henri BOSC, Jean BOURCELIN, Louis DELAVAULT, Claude RAFENNE et moi-même). Vers minuit, dans la côte de Noirétable, avec Jean BOURCELIN nous t'avions un peu excité et bien sûr tu avais joué complètement le jeu. Là aussi tu avais sprinté ! Tu m'avais même offert ton bidon pour me récompenser d'avoir gagné ! - mais oh surprise : le breuvage n'était que des paillettes de glace ! Accepte Henri cet amical clin d'oeil et toutes mes amitiés.

Jean PERDOUX

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