Storia del club: riscoperti i media dal 2000 al 2022! Da vedere nella gazzettaVai alle informazioni

Bollettino dell'Amicale dei Ciclisti Cardiaci N° 166Vai alle informazioni

13/08/00 : Morte di Louis Nucera. Michel de Brébisson ha voluto riprodurre l'articolo di Le Monde scritto da un amico di Louis.

Louis Nucera

La passione per la letteratura, l'amicizia e il ciclismo

MERCOLEDI' 9 agosto, Louis Nucera est mort à bicyclette, renversé par un automobiliste, à Carros (Alpes-Maritimes), dans cette arrière-pays niçois qu’il avait si souvent parcouru. Le vélo était une de ses passions avec la littérature et l’amitié. Ses amis se sentent très seuls et très abandonnés. Un de ses meilleurs livres, Le Roi René, retraçait la carrière de René Vietto. C’était un des modèles de Louis, car il aimait le style et le courage. A la fin de chaque été, je lui demandais: « Tu as bien roulé? Combien de kilomètres? » Et la seconde question venait aussitôt : « Combien de pages? » Les deux étaient inséparables, les performances du « champion » et celles de l’écrivain…

Né à Nice le 17 juillet 1928, Louis Nucera fut nourri, dans sa jeunesse, par les souvenirs de la première guerre mondiale. Il écoutait religieusement les histoires que ses oncles racontaient à l’heure du dîner. Cela donne des enfants très réfléchis et très rêveurs. Le père de Nucera mourut en 1933 et sa mère fut « soudain vieillie par l’irréparable « . Ce genre de phrase résume la manière de Louis : écrivain très classique, il savait organiser le complot de la grammaire et de l’émotion.

Après la disparition de son père, Louis Nucera fut obligé de gagner sa vie, devenant « téléphoniste » dans une banque. Jean Giono avait travaillé lui-même dans une succursale de cet établissement. C’était un excellent présage. Nucera fit ensuite du journalisme. Cela lui permit de rencontrer Joseph Kessel, Georges Brassens et Jean Cocteau. Ses professeurs ou ses parrains en littérature. Des parrains magiques. Le premier convainquit Louis Nucera que la langue française était une sorte de « monastère » et qu’il fallait y pénétrer avec de grandes précautions. Le deuxième donnait des leçons de modestie et le troisième des leçons de politesse. Cocteau disait, en effet, qu’il fallait effacer de ses textes la peine que l’on avait prise pour les écrire. Louis Nucera retint les trois enseignements. Dans ses romans (L’Ami, 1974; Avenue des Diables-Bleus, 1979; Chemin de la Lanterne, 1981; Le Kiosque à musique, 1984; La Chanson de Maria, 1989; Le Ruban rouge, 1991…), il a dépeint avec délicatesse le petit peuple de sa ville, les petites gens dont il était l’héritier. Mais il se demandait : pourquoi « petites » ?

LA GENTILEZZA DELLA DISPERAZIONE

Forse il suo libro più bello è Mes Ports d'attache, pubblicato nel 1994. In esso compie una sorta di tour degli amici perduti. Ci presenta due amanti delle passeggiate in bicicletta, Henry Miller e Vladimir Nabokov. E, naturalmente, Cocteau, Brassens e Kessel. Louis Nucera era un maestro nell'arte del ritratto. Diceva, ad esempio, che "il volto di Kessel interpretava i movimenti del suo cuore, come il cielo e il mare interpretano i capricci del tempo". È superbo.

Lo scorso inverno, Louis Nucera ha riunito le sue rubriche dal 1994 al 1999 sotto il titolo Une bouffée d'air frais (Le Cherche Midi, 2000). Vi si vedeva un uomo guidato dal desiderio di ammirare, di rendere giustizia alla bellezza delle cose e a quella di certe persone. Stava facendo l'inventario delle sue passioni e preferenze. Amava le persone delicate, la gentilezza della disperazione, la pittura degli stati d'animo, il tango, l'alchimia dei sentimenti, il 18° arrondissement, i vecchi quartieri di Nizza, i paesaggi francesi... e gli insegnanti che trasmettono ai loro alunni, dal fondo dell'aula vicino al termosifone, il gusto della lettura. Nel suo entusiasmo, Louis Nucera mescolava i vincitori del Tour de France con i campioni della letteratura. Aveva letto molto, ma non ostentava la sua erudizione. Rimaneva una questione di cuore.

Les époques sont faites pour être dénigrées ronchonnait Flaubert, quand il était de méchante humeur. Louis Nucera aurait bien voulu démentir ce pessimisme, mais il jetait sur notre monde un regard de moraliste. Et ce qu’il observait le désolait trop souvent. En effet, comment ne pas se mettre en colère quand les discours de tel rocker ou de tel animateur de télévision revêtent plus d’importance que les propos des écrivains ? Alors que ceux-ci, pour Nucera, étaient « les envoyés de la beauté sur terre ». Cependant, même lorsqu’il dénonce la foire aux vanités, ses pages respirent le bonheur d’écrire. Défenseur et serviteur de la langue française, Louis Nucera avait ce qu’on appelle du style, dans ses éloges comme dans ses reproches. A notre époque, ce n’est pas si fréquent.

François Bott

Louis Nucera ha pubblicato il suo primo romanzo, L'Obstiné, nel 1970 con Julliard. La maggior parte delle sue opere è stata successivamente pubblicata da Grasset. Ha scritto numerosi articoli per «Le monde des livres» a partire dai primi anni Ottanta. Per le sue opere ha vinto numerosi premi, tra cui il Prix littéraire de la Résistance (1975) per Dora (Lattès), il Prix Interallié (1981) per Chemin de la Lanterne, il Grand Prix de littérature sportive (1987) per Mes rayons de soleil e il Prix Jacques Chardonne (1991) per Le Ruban rouge. Infine, nel 1993, l'Académie française gli ha assegnato il Grand Prix de littérature per la sua opera.