Monte Chaberton
Texto y fotos: Philippe Girardin
El monte Chaberton, que se eleva a 3131 m, es una visita obligada para los ciclistas de montaña.
Monte Chaberton y paso de Chaberton (FR-05-2674) sont raisonnablement accessibles à VTT en dépit des 1900 m de dénivelé qui en défendent l’accès du côté italien. La piste a été refaite avec soin jusqu’au kilomètre 10. Le onzième et dernier kilomètre qui mène au col le sera peut-être bientôt. Du col, il vous reste trois kilomètres pour atteindre le sommet du mont Chaberton, ceux-ci sont faisables à pied pour la montée. La descente peut s’envisager à vélo, mais elle est conseillée uniquement aux descendeurs expérimentés. On murmure à Montgenèvre qu’une remontée mécanique pourrait y donner accès dans l’avenir. Allez-y donc avant que le charme de l’isolement et le parfum d’aventure qui se dégagent encore sur ce parcours ne disparaissent définitivement. Il est dommage de ne viser que le col avec ses 2674 m. Faites preuve d’ouverture et de désintéressement pour vous hisser jusqu’au sommet à 3131 m, vous ne le regretterez pas !


Un poco de historia
El Monte Chaberton es una cumbre extraordinaria. Cerca de la frontera italiana, domina con orgullo las localidades de Montgenèvre, en el lado francés, y Cesana-Torinese, en el lado italiano, y se divisa desde lejos. Su cara sur parece inaccesible, como si de un solo golpe recorriera 1500 metros. Antes de la Segunda Guerra Mundial, el Monte Chaberton era italiano y su cara norte era relativamente accesible en una suave pendiente. Esta situación estratégica dio al ejército italiano la idea de equipar la cima con un fuerte armado con potentes cañones.



Wikipedia
Antes de la Segunda Guerra Mundial, las tropas italianas construyeron una batería de ocho torretas, rematadas con cañones, orientadas hacia Francia y la ciudad de Briançon. Defendieron el paso de Montgenèvre (FR-05-1850). Para ello, soldados e ingenieros construyeron una carretera desde el pueblo de Fenils (Valle de Susa). Abrasaron la cima del monte Chaberton para crear un glacis defensivo para las torretas. El fuerte, a veces apodado el «Fuerte de las Nubes», era el orgullo de los militares italianos. En aquella época, tenía fama de ser el fuerte más alto y uno de los más poderosos del mundo. Pocos días después de la entrada de Italia en la guerra, en junio de 1940, guiada por el Fuerte de Janus, la batería italiana fue destruida por el fuego de la 154e Regimiento de Artillería de Posición del Ejército francés. Al final de la guerra, el valle del Baisses, la cima del Monte Chaberton y la batería fueron anexionados por Francia. Como consecuencia, la frontera franco-italiana se trasladó a la entrada del pueblo italiano de Clavière.
Le fort fut construit à partir de 1891 grâce à un grand effort de main-d’œuvre. La piste actuelle a été ouverte vraisemblablement pendant cette période. Elle a été utilisée pour hisser hommes et matériel pour la construction d’un téléphérique. Au total 8 canons de 149 mm, tous perchés sur huit tourelles de maçonnerie surplombaient une caserne de 113 m sur 18….
Au début de la Seconde Guerre mondiale, ce fort italien ennemi était une des préoccupations majeures du commandement français. Celui-ci installa des mortiers de 280 mm masqués à contre-pente des observateurs italiens sous le col des Gondrans (FR-05-2347a), et des observatoires (au Janus). À l’ouverture des hostilités, l’artillerie française réussit alors l’exploit de détruire, le 21 juin 1940, les batteries du mont Chaberton et son dépôt de munitions. Cette prouesse a pu être réalisée grâce à une science balistique parfaitement au point (tir parabolique à 10 km de distance sur une cible de quelques dizaines de mètres !). Cet assaut dura trois heures trente avec cinquante-sept coups au but, ruinant ainsi instantanément des années d’efforts. Les batteries du mont Chaberton se turent donc à jamais. On imagine que ce fait d’armes motiva l’annexion du mont par la France en 1945.
On a compris, de cette histoire, que la route d’accès était du côté italien. Côté français, seul un sentier « S3-S4 » permet d’y accéder à partir de la cote 2177 après une bonne piste qui monte depuis Montgenèvre.
La subida al puerto a 2674 m y la montaña a 3131 m
On quitte la route nationale quelques kilomètres au nord de Cesana-Torinese pour s’engager sur la petite route revêtue menant à Fenils. Si on vient de France, la descente de 8 km du col du Montgenèvre est à effectuer, descente peu agréable et dangereuse en raison du trafic automobile mais aussi jalonnée de nombreux et longs tunnels.
C’est un pont peu avant Fenils qui marque le début de la montée, nous sommes alors à 1230 m d’altitude. D’emblée, la pente est présente. Aucun répit sur les 11 km qui mènent au col (le pourcentage moyen de ces 11 km étant de 13%, il ne faut pas espérer d’endroits à moins de 8 ou 9%). Il faut donc s’armer de détermination.
À la sortie de Fenils, on atteint l’altitude de 1276 m. C’est à cet endroit que la route bitumée laisse place à une piste en terre mais cyclable. Sur ce chemin on trouvera des passages plus caillouteux qui vont menacer l’adhérence de la roue arrière. Il est donc avantageux et sécurisant de traverser ces passages scabreux à pied.
Après avoir parcouru 2,5 km, on traverse le hameau de Pra Claud perché à 1589 m. À l’entrée de ce hameau on trouve un grand panneau précisant que la piste est interdite à tous les véhicules.

Nous arrivons ensuite à un premier gros empilage de lacets encore dans la végétation. On trouve régulièrement des bancs en bois sur le bord de la piste pour se reposer ! Ceci nous mène vers les 2000 m et le passage d’un torrent. La pente ne faiblit pas et nous amène rapidement à la cote 2099 m où se présente un nouvel empilage de lacets. Sur la gauche on trouve le démarrage d’une autre piste posée à flanc de montagne et qui rejoint la Cresta Nera et le Colletto di Cresta Nera (IT-TO-2201).


A partir de aquí, el mundo se vuelve completamente mineral. La pendiente y los guijarros de la pista dificultan el avance. Ascendemos poco a poco, haciendo un esfuerzo sostenido, hasta llegar a la entrada del valle del collado. La salida hacia el valle ofrece una vista impresionante del pedregal y las masas rocosas. También podemos ver que se están haciendo esfuerzos para rehabilitar el sendero, con la adición de algunos muros y plataformas de contención. La pendiente se suaviza un poco, pero la presencia de rocas en la pista aumenta y dificulta el avance.
El último kilómetro por debajo del puerto, y es difícil encontrar la ruta real de la pista porque está muy roto en este punto. Es obligatorio caminar. En los últimos metros, la pista ha desaparecido y ha sido sustituida por un sendero. En la cima del puerto, nos recibe un fuerte viento. Una señal indica el camino hacia la cumbre. Ya hay una hermosa vista de los Oisans, con el vertiginoso descenso de la vertiente francesa del camino en primer plano.



Courage, plus que 450 mètres de dénivelée pour 3 kilomètres, c’est à dire un bon 15% de moyenne pour terminer. Cela se présente comme un immense plan incliné et dénudé qui se grimpe (très) partiellement à VTT en suivant les zigzags bien tracés du chemin. Nous avançons dans un paysage entièrement minéral. Nous trouvons sur le sol des vestiges des zones de forts à savoir des piquets métalliques et des barbelés. Un énorme câble métallique au sol sur des centaines de mètres nous laisse peut-être un témoignage du téléphérique ? À couper le souffle : la vue, bien sûr, l’est mais ne pas oublier aussi le vent. Ce sera tout à l’heure impossible de descendre sur le vélo par peur d’être expédié d’un côté contre la paroi ou de l’autre vers la pente.


En cuarenta minutos, llegas casi sorprendido al glacis final y te preguntas si la subida ya ha terminado. La plataforma, sorprendentemente plana, horizontal y sin una sola brizna de hierba, sólo tiene unas decenas de metros cuadrados. A su alrededor, más de 1.500 metros de vacío impresionan. Bien ocultas por el glacis del lado francés, pueden verse las ocho torretas de mampostería que servían de soporte a los cañones.
Parecen casi intactas. El fuerte en sí muestra galerías abovedadas en buen estado y restos de las últimas nieves. Un grupo de italianos merienda en el refugio. La vivienda y los dormitorios están mucho más abajo, en una plataforma bien oculta al noreste.
Como el tiempo amenaza, no hay tiempo para entretenerse, y una tormenta en estas laderas desnudas debe de ser un calvario bastante desagradable.



El descenso
La precaución y la marcha están a la orden del día durante los primeros kilómetros del descenso, aunque un buen ciclista de montaña con buen tiempo no tendría ninguna dificultad. La ligera lluvia, que ahora cae horizontalmente, tiñe los guijarros de preciosos tonos claros y oscuros. Las constantes ráfagas de viento nos disuadieron de subir a la bicicleta.


Soulagement en arrivant au col, et plongée du côté italien bien abrité. Nous croisons des vététistes qui font l’ascension à leur tour. J’en aurai compté au total 18 en ce jour d’août. En les regardant je me dis qu’ils ne sont pas tous armés pour parvenir au sommet. Il y a des Allemands, des Suisses, des Italiens mais pas de Français ce jour-là. Mais quel succès ce mont Chaberton tout de même !
No nos cuesta encontrar la marca 2099. En este punto tomamos la pista forestal que se dirige hacia el sur por bosques y prados. El objetivo es encontrar el Colletto di Cresta Nera (IT-TO-2201) en suivant un facile S3 sur 1,5 km. Mais un incident typique de cette zone du Piémont italien survient car nous sommes alertés et rapidement intrigués par des aboiements qui deviennent de plus en plus forts au fur et à mesure que des chiens se rapprochent de nous. Nous voyons surgir deux gros patous en face de nous en provenance de leur zone de garde en contrebas. Tout au long du parcours nous avons été alertés par des panneaux qui signalaient la présence de ces chiens de garde. Face à ces gardiens de troupeaux nous ne devons pas commettre d’erreurs, nous ne devons pas les provoquer ni faire preuve d’une quelconque bravoure. Je choisis de me faire tout petit en me protégeant derrière mon vélo. Les patous s’approchent et viennent me flairer. Pour donner une idée de leur taille je vois que leur tête arrive au niveau de la tige de selle. Après m’avoir flairé quelques secondes les chiens décident de m’abandonner jugeant probablement que je ne constituais pas une réelle menace pour leur troupeau. Heureusement qu’ils ne connaissaient pas mon goût prononcé pour le gigot d’agneau. Avant de s’éloigner l’un des chiens prend quand même soin de pisser sur ma roue arrière. Ouf ! eux se sont éloignés et moi je peux reprendre ma route. Elles sont gentilles et magnifiques ces bestioles mais « pas fines » comme disent les autochtones. Il faut donc rester prudent par-dessus tout, vous voilà prévenus.


El regreso desde el Colletto di Cresta Nera fue tranquilo, a pesar de algunos ladridos en la distancia. Los frenos trabajaron duro en este descenso. De vuelta a la carretera de Cesana, me encontré con un poco de subida para terminar. Una gran experiencia para cualquiera que ame las montañas y su grandiosa soledad.


Fue el 7 de agosto de 2008 para mis números de pase 2972 y 2973 y para mí representó mis Juegos Olímpicos.