Toponimia, otra forma de viajar
La toponymie : une autre façon de percevoir la géographie d’un pays, une autre façon de voyager. Il suffit de rechercher l’origine de tel ou tel nom de lieu pour découvrir qu’un passé très riche se cache derrière le carrefour, la colline ou… le col.
Il existe des noms de cols très imagés et drôles :
- col de CANTECOUYOUL (09-0565) : autrement dit : col de Chante-Coucou et non pas Chante-Couillon comme me l’avait affirmé un pyrénéen au sommet de ce même col lors d’une concentration des Cent Cols…
Mon préféré est :
- Col de PIQUOTALEN (81-1004) ce qui signifie : le col où la faim vous pique ! Ne pas oublier d’emporter des vivres pour son ascension !
Pero, por supuesto, los nombres de la mayoría de los puertos corresponden a actividades rurales vinculadas a la agricultura. Estos nombres han sido moldeados a lo largo de los siglos por generaciones de agricultores que también han dado forma al paisaje.
Les exemples sont nombreux, on peut citer :
- Col de la CAYOLLE (04-2327) : de « Cayolla » : chalet ou baraque de berger en montagne (Provence). Dans les Pyrénées les alpages sont parsemés de « cayollars », l’origine est la même.
- Col de GAUDISSART (26-0889a) : Gaudissart : bois défriché en ancien français
- Col AGNEL (05-2744) : d’agnielle ou agnière : quartier fréquenté par les moutons, pâturage à moutons.
- Col d’ARCES (74-1160) : arces : sol défriché par les incendies. A donné : arcine (voir 05-2348)
- Col d’ARTIGAU (31-1382) : artigau : pré sur le versant d’une montagne avec cabane ou grange pour le bétail ou le berger (Pyrénées centrales)
- Col ou Pas de L’AUP (05-1413, 05-1680, 74-1425a etc…) : terme très fréquent, synonyme d’alpe (alpage ou pâturage de montagne). Une bonne douzaine de noms désignent la même chose ( aupet, alpet, auet, aupas etc…) . Ce nom si commun a aussi servi à désigner le massif alpin lui même.
- Col de la RAMAZ (74-1557) : ramaz : enclos où le troupeau est rassemblé à l’alpage (Savoie) Etc….
D’autres noms sont en relation avec des données naturelles, ils sont avant tout descriptifs :
- Col de la SCHLUCHT (68-1139) : schlucht : ravin, gorge, défilé (Alsace).
- Cormet de ROSELEND (73-1068) : roselend : tourbière, lieu où poussent les roseaux (Savoie).
- Col d’AUZINES (11-0335a, 66-0606 etc..) : auzines : bois de chênes verts (Aude)
- Col de JOUX VERTE (74-1765) : joux ou jau : montagne boisée.
- Col de l’ARENIER (07-0682) : arénier : terrain sablonneux, sablière, grève.
- Col de l’ESPIGOULIER (13-0722) : espigoulier : terrain couvert de lavande ou inculte.
- Col de la BUFFAZ (73-1439, 74-1500a) : buffaz : tempête, lieu exposé au vent (Savoie).
- Col de LESCHAUX (74-0897) : leschaux : sol inculte au dessus de la forêt (Savoie)
- Col des GLIÈRES (74-1425b) : glières : terrain graveleux (région de Thônes 74).
- Col du FAYET (07-0611) : fayet : forêt de hêtres, voir aussi : fage, faye etc…
Plus rares sont les noms des cols évoquant une activité industrielle ou artisanale :
- Col de la GIPIÈRE de L’ORONAYE (04-2482) : gipière : carrière de pierre à plâtre (Ubaye)
- Col de l'ARGENTERA (04-1991) o Col de Larche, minas de plata (Alpes Marítimos)
L’histoire n’est pas en reste, on la retrouve dans le nom de certains cols :
- Col de CLERGUE MORT (48-0845a) : clergue : clerc (homme d’église). Le nom de ce col évoque l’époque troublée de la guerre des Camisards (protestants cévenols) contre les troupes du maréchal de Villars sous le règne de Louis XIV. Un prêtre aurait été massacré en ce lieu.
- Col de la JUSTICE (07-0679b), le nom de « justice » est assez fréquent un peu partout en France. Il désigne une élévation de terrain sur laquelle étaient dressées les « fourches patibulaires » (potence pour les pendus !). Voir également : col des FOURCHES (qui peut aussi signifier aussi : carrefour).
- Col de CASTELLARAS (06-1248) : Castellaras : grand château fort, château ruiné (Provence).
Les animaux ont aussi inspiré le noms de lieux :
- Col de POUTRAN (38-1996b) : de poulitra : la pouliche (Alpes)
- Golet du TAISSON (73-1487) : taisson : nom donné au blaireau… Golet du Taisson signifie donc : trou du blaireau.
Enfin, on peut terminer avec un magnifique pléonasme :
- Col du LAUTARET (05-2057) : lautaret signifie… col !
Ces noms de lieux font partie d’un patrimoine comme peut en faire partie un monument historique et, comme un monument, ils peuvent être mis en péril. La désertification rurale a pour résultat l’abandon de noms de sites qui ne sont plus nommés car inhabités. Les langues régionales qui ont permis de nommer ces sites ne sont plus comprises par le plus grand nombre. La vie citadine ne pousse pas à la poésie des noms de lieux, on leur préfère les termes techniques : ZUP, ZAC … Réhabiliter les noms de cols tombés dans l’oubli par une recherche sur documents ou sur le terrain pourrait être une des vocations de la confrérie des Cent Cols.
René POTY
[email]poty@wanadoo.fr[/email]
Source bibliographique :
« Les noms de lieux en France » : glossaire de termes dialectaux André Pégorier (ingénieur en chef géographe)
Institut géographique national 2ª edición revisada y completada por Sylvie Lejeune. Comisión de toponimia 1997.
Respuesta de Georges Rossini
Acabo de leer el interesante artículo de René sobre los orígenes de la toponimia y el origen de los nombres de paso, en el que observo una inexactitud: el topónimo Col de la Joux Verte (74-1765).
Le mot Joux est d’origine latine, très utilisé dans l’idiome savoyard pour définir Joug pour la langue française, Joch pour la langue allemande et Giogo pour la langue italienne, quelques exemples :
Plano del Col de la Joux (74-1713)
Stilfser Joch 2758 m, deuxième nom en allemand du Giogo ou Passo dello Stelvio
Giogo della Bala 2129 m , ces deux cols se situant en Lombardie (Italie).
Il y a divers passages géographiques qui portent le nom Joux comme La Joux dans le Chablais et La Joux dans L’Ain qui ne sont pas répertoriés dans le catalogue des Cols de France.
También está La Forclaz, topónimo de origen latino, y Forca en italiano, sinónimo de tenedor. O Pertuis, sinónimo de Porte, Porta en italiano, Port en español, etc.
A propósito de Forca, y de los numerosos pasos que presentan las verdaderas características de un paso geográfico (depresión entre dos picos, enlace entre dos valles fluviales), no inscritos en el catálogo, consultando el nuevo mapa IGN TOP 25 - 3741 OT.
Vallée du Vésubie (Alpes Maritimes) il y a un passage géographique qui porte le nom de Forca de l’Authion 1986 m, entre la sommité 2078 m et le Mille Fourches ( !!! ) 2042 m, situé sur la route formant le circuit de l’Authion en partant du Col de Turini 1604 m. En observant un peu plus en bas il y a un autre passage géographique qui devrait s’appeler Forca de Cabanes Vieilles à 1779 m entre le sommet de Mille Fourches 2042 m et le sommet de Vaiercaout 1816 m.
Bien sur il faut respecter le règlement, qui stipule qu’on doit retenir seulement les cols portant officiellement ce nom ou matérialisé par un panneau au sommet. Et pourtant Joux, Forclaz, Forca, Pertuis, etc. sont synonymes de passage géographique.
Pronto responderé al embrollo del pase franco-italiano.
Georges Rossini
[email]georges.rossini@wanadoo.fr[/email]
El punto de vista del IGN
Hola,
En respuesta a su mensaje del 4 de diciembre, le enviamos la siguiente información.
Un terme générique peut compter plusieurs variantes attestées : Joux, nom féminin, peut s’écrire jaux, jeux, jeu, jau, jo, joe, jour, jux, zour, dzaou, jor, joeur, jeur, djeux, dieux, jieu, jorasse, jorats. Ces variantes sont dues aux aires linguistiques concernées et aux différents patois locaux.
Ce mot vient du gaulois juris signifiant hauteur boisée ; il a pour mots romans correspondants ; jours, jorx, jugi, jorz. Il a été confondu par les scribes avec jugum qui signifie pièce de bois pour l’attelage des bœufs.
De hecho, joug, sustantivo masculino, tiene el mismo significado que la palabra francesa, y es otro término dialectal que designa una unidad de tierra que ara una pareja de bueyes en un tiempo determinado.
Il importe de connaître le genre pour essayer d’en déduire le sens ; mais il arrive que par des rhabillages latins le sens évolue ou se perde. Le cas des lieux-dits non habités est délicat car ils ont souvent une étymologie qui reste douteuse, faute de formes anciennes.
En Italie, giogo, nom masculin, signifie col ; mais désigne aussi un joug avec le sens que nous lui connaissons en français. Par contre, giogaia, nom féminin, signifie chaîne de montagne, sommet.
En Alemania, joch, sustantivo neutro, significa tanto paso como yugo. El significado más común de serra, sarra, nombre femenino, con las variantes pirenaicas sarrat, sarrade, es cresta rocosa alargada. Este término genérico procede del pre-latín serra (que significa sierra, montaña alargada) y más concretamente de serrata, un tipo de sustantivo verbal que es el participio pasivo femenino del verbo serrare, cuya forma clásica es serare, que significa cerrar.
La cuestión del género es más compleja.
Au masculin, le terme générique pyrénéen sarrat a 2 sens : désignant un col étroit, sens peu connu, et qui a pour variantes sarret, sarrot. L’autre sens est celui d’une crête, une hauteur, une colline allongée et a pour
variante conocida de la palabra serre, que es femenina.
Le terme générique alpin est la serre qui signifie colline allongée. Au masculin, serret prend le sens de petite colline, et serras garde le sens de grande colline ; mais prend parfois le sens de défilé (sarras).
Espero haber aportado alguna aclaración.
É. Calvarin