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Bulletin de l'Amicale des Cyclos Cardiaques N° 166Go to info

How to call a pass in France

"Only passes that officially bear this name and appear on the maps ..... will be counted, including passes marked with a summit or directional sign" (Art. 2 of the Club des Cent Cols rules).

It's clear that geology, geomorphology and geography are not enough to define the existence of a mountain pass; it's only the name that establishes its existence.

Conclusion : un col n’existe que lorsqu’il est nommé.

« … la nomination est un acte métaphysique d’une valeur absolue ; elle est l’union solide et définitive de l’homme et de la chose, parce que la raison d’être de la chose est de requérir un nom et que la fonction de l’homme est de parler pour lui en donner un »
SARTRE (Situation I)

Tout est-il clair ? Oui, si l’on connaît quels sont les termes acceptés ou acceptables. Il ne s’agit pas ici du nom propre du col, mais bien de l’intitulé, autrement dit des synonymes du mot générique « col ».

Une expérience simple, maintes fois renouvelée, m’a montré l’ignorance quasi totale de tous mes interlocuteurs sur ce sujet. A cette simple question : comment nomme-t-on un col en France ? J’obtiens un nombre de réponses variant de deux à cinq termes différents dans le meilleur des cas, jamais au-delà, quelle que soit la culture ou même l’intérêt particulier (membre de notre Confrérie) de l’interlocuteur !

In the collection of the Cent Cols magazine, there are two small half-page lists. In the first (cf. no. 8, p. 57) Philippe Giraudin gives fifty-two synonyms with a few comments (details of the meaning of the terms and the geographical locations in which they are used); in the second (cf. no. 15, p. 25) Hervé Lachaume cites sixteen French terms in a list covering six European countries. Finally, very recently Camille Winghardt (see no. 23, p. 26) looked for, and found, one hundred synonyms in the second edition of the Guide Chauvot.

The list published in 1979 by Philippe Giraudin is very interesting because it includes terms that were unknown in the directories available at the time (the first edition of the Chauvot was not published until the end of 1981); Hervé Lachaume's list includes some new terms; Camille Winghardt's article is amusing but lacks rigour: only eighty-four of the one hundred terms cited are actually headings appearing in the second edition of the Guide Chauvot, the other sixteen are either proper names (and not headings) or non-existent terms.

Ce problème peut, en effet, être abordé de deux façons différentes :

  • or by compiling a glossary based on our official list: the book "8500 cols de France" by Robert and Monique Chauvot (plus supplements published or to be published),
  • or by creating such a glossary using terms collected from various existing works: dictionaries, glossaries, guides, etc. specialising in geographical terms in French but also in the regional languages, dialects and patois of our country.

The first method led me to a list of 112 terms obtained from the systematic processing of the book "8500 cols de France" by Robert and Monique Chauvot (see GLOSSARY I).

The second method currently leads me to a list of 248 terms obtained from the careful reading of numerous guides, lexicological and geographical works and, more recently, from exchanges with a number of correspondents who, after the first issues of the glossary, were kind enough to share their knowledge and discoveries with me (see GLOSSARY II).

Quelques commentaires sur ces listes :

  • the first, thanks to the facilities offered by computers, is virtually certain, although the discovery of a term with a very low frequency of appearance or appearing in an unorthodox position (agglutinative language) cannot be ruled out,
  • the second is obviously very different, since it proposes terms that are not yet recognised (insofar as they do not yet appear in our 'bible', the Chauvot) and some of which may be contested. It includes all the terms on Philippe Giraudin's list, but I have not included several of the titles on Hervé Lachaume's list (such as sommet, montagne, montée, division, crête) as I have not yet found any proven equivalent to 'col' in French or in a regional language. Finally, it includes some of Camille Winghardt's sixteen disputed terms.

Quelques précisions sur ces listes :

  • in the first, a number of choices had to be made to avoid unduly multiplying the number of references. For example, let's take the term 'pass': firstly, the singular and plural are not disjoined, pass and passes are grouped together; but similarly, under this single term we will find terms such as low pass, high pass, small pass, large pass, false pass, which are therefore considered as qualifying adjectives and not as original terms. The same treatment has been reserved for mauvais, grand, petit pas (as well as malpas and maupas, which is perhaps more debatable) or grande, fausse, double brèche. Many other problems of the same type, for other terms, have been solved in the direction of simplification, the aim not being to multiply the number of terms, but to isolate the original terms,
  • dans la seconde, l’on se trouve face à un problème linguistique connu : la variabilité des dialectes et bien pire des patois. A moins d’être un spécialiste de chacune de ces langues, comment déterminer si, par exemple tel terme ne devrait pas être simplement considéré comme le pluriel (le féminin) de tel autre ? Enfin, la signification de tel ou tel terme peut être discutée, car si la dialectologie et la lexicologie sont des sciences établies, elles ne prétendent pas à une sûreté absolue.

Quelle peut être l’utilité de ces listes ?

If we believe that the directory of French mountain passes represents a heritage that we are seeking to preserve, it seems to me that in order to establish it as completely as possible, it is necessary to look for mountain passes corresponding to terms not yet included in the first list. Two examples of this type of work

  • cot et cotch : le premier terme figure dans le Chauvot (encore que de façon non extensive, ex: cot de Jou près du col de Jou (ou Croix du cot de Jou); le second terme n’y figure pas, l’ign l’utilise-t-il sur ses cartes ? Je n’en sais rien (pour l’instant), mais voici un exemple de travail à entreprendre,
  • la série sarrat, sarret, sarrot : aucun de ces termes (citée par Ph. Giraudin dès 1979) ne se retrouve dans le Chauvot. J’ai commencé à examiner la TOP 25 au-dessus de Saint Girons et j’ai trouvé une série de « sarrat » qui, au vu de la carte, semblent plus souvent en position de sommet que de col. Ceci ne doit pas nous surprendre, ce problème est fréquent pour d’autres termes, ex: collet dans les Hautes Alpes. Il suffit d’utiliser un critère géographique pour éliminer les sommets.

La fréquence d’apparition des 112 termes est évidemment extrêmement variable; le tableau ci-dessous donne à titre d’exemple, les 14 termes les plus employés et leurs fréquences d’utilisation :

TERMSNumber of usesTERMSNumber of uses
muleteers + truckers = totalmuleteers + truckers = total
Col(s)4225 + 1818 = 6043Port84 + 8 = 92
Not811 + 94 = 905Lepoa38 + 12 = 50
Bocca477 + 109 = 586Foce26 + 13 = 39
Collet(s)186 + 56 = 242Collade(s)32 + 3 = 35
Breach218 + 0 = 218Collada34 + 0 = 34
Drop203 + 12 = 215Golet25 + 8 = 33
Passage117 + 4 = 121Hourquette30 + 1 = 31

For more details, see the GLOSSARY F.

La fréquence des termes les moins utilisés est d’autant plus basse qu’ils sont victimes du phénomène des constructions pléonastiques, provenant de dialogues de sourd entre les cartographes français (très sûr d’eux) et les cultivateurs patoisants au xixème siècle, lors de l’établissement des cartes (dites d’état-major), ancêtres de nos top25 d’où les cols du Pas, de la Baisse, de la Collette, de la Courade, des Coutchets, de Creu, de la Fenêtre, de Foce, de Port, de Porte, du Pertus, de Porteille, de Portet, de Pourtanelle, du Trou, du Seuil, du Sattel, etc., tous ces termes – et bien d’autres – se suffisant à eux-mêmes. Les exemples, avec d’autres termes, sont tout aussi fréquents: Pas de la Baisse, de la Brèque, de la Colle, du Coulet, etc. ou brèche de la Cochette, du Cot. On peut trouver des exemples doublement ou triplement tautologiques comme Croix du Cot ou Col de la Croix du Coulet ! Pour moi, il en effet très clair que tous les cols de la Croix sont des redondances; le terme « croix » figure d’ailleurs dans les deux listes soit sous sa forme française, soit sous des formes dialectales (creu, croce, croez, croueis, crouts, …) ainsi que dans les glossaires de langues étrangères (croce, cruz, kreuz, …) avec le sens de col. L’habitude de marquer les cols (passages) d’une croix est très ancienne dans les pays de civilisation chrétienne et la symbolique en est forte et évidente. Symbolisme qui se retrouve dans d’autres civilisations avec d’autres marques (cairn, oriflammes, moulins à prières, etc.). Les croix en position de col géographique sont nombreuses et si, là aussi, il faut utiliser un critère géographique pour éliminer les sommets ou les croisements (en plaine ou en forêt) la situation n’est pas différente de celle évoquée précédemment pour « collet » et qui existe de même pour pas, golet, goulet, coll, colle, fenêtre, sattel, etc. pour lesquels il faut parfois trancher suivant leur position géographique.

In my opinion, this is a heritage to be saved and a vast field of study.

If you are passionate or simply interested, I suggest you get in touch with me to exchange views and information on this subject (1).

Thank you in advance for your suggestions, proposals and criticisms.

Nota bene 1: la dénomination de synonyme s’applique-t-elle bien à tous les termes cités dans la seconde liste ? S’il n’y a pas d’ambiguïté pour les termes qui sont, soit des traductions en langues locales (avec toute la richesse liée à la variabilité de celles-ci), soit des équivalents de type géographique descriptif (tels que brèche, fenêtre, etc.). Par contre, l’on peut être choqué de rencontrer des termes tels que: «aire, baraque, croix, etc.» Ici effectivement le terme de synonyme n’est sans doute pas approprié, il s’agirait plutôt de formes élidées analogues, par exemple, à la situation suivante: l’on ne dit pas « je vais à la ville de Grenoble, à la commune de Vizille ou au village de Vif », mais « je vais à Grenoble, à Vizille, à Vif », l’on ne peut pas dire que ville, commune, village sont des synonymes, mais plutôt des dénominations sous-entendues de même type. C’est un phénomène analogue qui a fait dire (puis écrire) «aire des Chiens, baraque du Cheval Mort, croix de Bor, etc.» au lieu de « col de l’aire des Chiens, col de la baraque du Cheval Mort, col de la croix de Bor, etc.» parce que l’habitude était prise (parfois de toute éternité) de mettre un abri ou une croix en haut de ces cols. C’est pourquoi je soutiens la thèse de l’adoption d’un certain nombre de termes dans la liste des synonymes du mot col bien qu’ici cette dénomination de synonyme ne soit pas appropriée.

Nota bene 2: in glossary II, the notation a+b+c correspond aux situations suivantes :

a = neck (or not or ...) of, of the , of, of the, etc..; b = The collar (or the step or ...), the small, the low, ...; c = Col, Brèche, Collet, ...

(1) Michel de Brébisson, 10, rue des Ayguinards, 38240 MEYLAN
[email]michel.debrebisson@libertysurf.fr[/email]