De saga van Parpaillon
Souvenirs cyclo-montagnards - Henri Bosc CC nr. 110 - tijdschrift nr. 50, 2022
Parmi les souvenirs marquants de mes aventures cyclo-montagnardes, j’en retiendrai deux pour cet anniversaire du Club des Cent Cols.
La montée du Parpaillon
En effet, dans l’histoire du cyclotourisme, on peut citer un col muletier devenu très tôt mythique: le Parpaillon, que j’ai eu la chance de grimper deux fois avec ma randonneuse 650B (dont la première avec mon frère Paul, avec descente de nuit!).
Situé à la limite des Alpes-de-Haute-Provence et des Hautes-Alpes, il culmine à 2783 m pour le col géographique, sur une crête séparant la vallée de la Durance et l’Embrunais de celle de l’Ubaye. Le tunnel est lui 150 m plus bas.
Ce col a été ouvert en 1911 par les troupes du Génie Militaire, comme beaucoup d’autres passages jalonnant la Grande Traversée des Alpes entre Thonon et Nice. Dès son ouverture officielle, et même avant, il a été emprunté par des cyclotouristes, dont Vélocio (en 1903 et en 1911), qui inscrivaient leur passage sur un livre d’or mis à leur disposition à partir de 1930 à l’hôtel du Parpaillon, à Crévoux.
Maurice Maître, l’un des membres fondateurs de la FFSC le 8 décembre 1923, l’a ainsi grimpé en 1930.
Il est conseillé de le monter depuis La Condamine-Châtelard (18 km) et de descendre sur Embrun (25 km) après avoir franchi le tunnel sommital, obscur et boueux. Il est préférable de choisir une ascension en solitaire, ou en groupe réduit, pour mieux profiter d’un silence quasi-total, seulement ponctué par les sifflements des marmottes que l’on peut aussi voir de très près.
C’est ainsi qu’en 1964, avec mon frère Paul, après la semaine fédérale de Digne, nous partons tardivement en vue de franchir pour la première fois ce légendaire col du Parpaillon.
Au-dessus de La Condamine, nous faisons le plein d’eau à la fontaine de la chapelle Sainte-Anne, et nous profitons au maximum d’une très belle journée ensoleillée, pour engranger de nombreux souvenirs photographiques, au milieu de paysages grandioses. Le silence est seulement troublé par le sifflement des marmottes, dont nous apercevons furtivement quelques spécimens, et une de très près, captive à côté d’une bergerie.
Alors que nous avons calé nos bicyclettes contre un petit rocher, pour qu’elles nous servent de premier plan, elles ont disparu quand nous nous retournons pour le cliché: un coup de vent les avait fait basculer dans un trou, par chance sans aucun mal, mais quelle frayeur!
Notre progression, entièrement à vélo grâce à nos 650/35, à l’exception de quelques passages particulièrement caillouteux, est considérablement retardée par de violentes douleurs abdominales, dont Paul souffre de temps à autre.
Le résultat est que nous arrivons très tard au tunnel, à 2637 m, et qu’il fait presque nuit quand nous en sortons, après avoir pataugé, pour le traverser, dans la boue et dans l’obscurité.
Il fait très doux, avec un beau clair de lune intermittent, et nous abordons très prudemment la descente. Nos éclairages par « dynamo » sont insuffisants dans ces circonstances, mais le chemin de terre, avec de larges ornières, est bien meilleur de ce côté.
Mon frère, qui a une vision nocturne nettement supérieure à la mienne, arrivera à continuer sans encombre entièrement à vélo, alors qu’après plusieurs petites chutes, je me déciderai à parcourir la plus grande partie de la descente à pied. Lors d’une halte, nous posons nos machines contre ce que nous croyons être des arbres: ils tombent bruyamment, ce n’étaient que des ombres !
Trompés par les lumières du village, nous aboutissons à La Chalp, que nous aurions pu éviter pour arriver directement à Crévoux où nous faisons étape. A l’auberge, nous prendrons le temps, le lendemain, de relater notre aventure sur le fameux livre d’or: le Parpaillon de nuit, ce ne doit pas être très fréquent !!
Je referai le Parpaillon en 1970, lors du rallye organisé dans le cadre de la SF de Gap, entièrement de jour cette fois, par un chemin considérablement amélioré et entièrement cyclable des deux côtés, de bout en bout (du moins en 650). Mon frère viendra me rejoindre à la sortie du tunnel côté Crévoux, pour admirer le versant que nous n’avions pu voir la fois précédente.
La grimpée au Pico de Veleta
C’est dans le sud de l’Espagne, en Andalousie, dans la Sierra Nevada, qu’on trouve la plus haute route asphaltée d’Europe.
Partant de Granada, il faut monter 43 km pour arriver au Pico de Veleta, troisième plus haut sommet de la péninsule ibérique, avec, à la fin une petite portion non goudronnée permettant d’accéder à la stèle sommitale, à 3398 m, la plus haute altitude que j’aie atteinte à vélo. Très agréable et longue descente du même côté, la route se terminant au pic, seul un sentier donnant accès à l’autre versant.
J’étais très heureux d’avoir réussi cette grimpée, un rêve qui me tenait à cœur, à 74 ans bien entamés, sans aucun problème respiratoire et cardiaque ; ce ne fut pas le cas de certains cyclos de notre groupe qui rebroussèrent chemin à partir de 3000 m. C’était en 2009, lors d’un deuxième séjour FFCT dans cette région, une première tentative lors d’un voyage précédent ayant échoué car nous avions été bloqués par une neige abondante.