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Die Saga des Parpaillon

Mon Parpaillon (Höhe 2.640 m) - Michel Ménard CC Nr. 2035 - Zeitschrift Nr. 45, 2017

Août 1993 depuis Embrun, je viens de faire un circuit difficile avec passage de trois cols dont deux muletiers à plus de 2000 m, Chèrine et Valbelle, en vélo de course ; pour descendre ensuite sur la station de Risoul. Quelle galère, une folie, mais qui n’est pas un peu « dingue » dans ce milieu pédalant ?

Avant de quitter les lieux pour obligations professionnelles, mon regard se porta une dernière fois sur les sommets environnants et mes pensées se perdirent dans les nuages. Le Parpaillon, il est là ce célèbre col muletier, mythique, et je suis à son pied. Un jour, me suis-je dit, tu pourras le marquer de ta griffe et signer le livre d’Or, témoin de ton passage. Je n’y pensais pas de sitôt car une année plus tard le rêve se concrétisa… partiellement. Août 1994, je suis en vacances, même région, pour une dizaine de jours avec trois objectifs dont vous vous doutez du principal.

Randonnée permanente « La route de la Lavande » créée par Daniel Guérin, garçon sympathique de Grasse, trop tôt disparu à 58 ans à la suite d’une longue maladie*. Depuis Castellane circuit en étoile, belle randonnée avec passage de nombreux cols. J’en retiendrai principalement le contournement du grand canyon des gorges du Verdon par la corniche, magnifique lieu, et ma visite à Moustiers-Sainte-Marie classé parmi l’un des 157 plus beaux villages de France ; puis un détour au nord de Castellane, près du lac de Castillon, après une bonne grimpette, pour regarder de plus près la secte Mandarom où se trouvent de nombreux << illuminés >> croyant à la vie éternelle…

Opération col de la Glacière à vous donner des frissons, altitude 1.069 m, situé dans le Var. Un col bien particulier puisque se situant au cœur d’un terrain militaire où bien souvent se produisent des entrainements à tirs réels. Étais-je devenu réellement fou pour avoir voulu tenter le Diable ? Peut-être, mais pourquoi ne serais-je pas parvenu à le passer alors que j’avais lu de nombreux récits sur la revue du Club des Cent Cols (No. 8 / 13 / 16 / 21 / 23) dans lesquels des cyclos l’avaient franchi, alors ! Ce fut une réussite, sinon je ne serais pas là pour m’en vanter, n’est-ce-pas, mais Dieu, ce que j’ai pu transpirer. Durant mon passage, ma traversée dans un silence de mort, j’ai eu même le petit plaisir de rencontrer une biche.

Enfin mon Parpaillon. Je le connaissais « mentalement » dans les moindres détails tant je l’avais étudié en feuilletant la revue Fédérale et surtout celles du CCC**. C’est en m’inspirant de ces récits que j’allais l’aborder dans les meilleurs conditions, mais c’était sans compter avec les aléas qui, somme toute, donnent du piment à toutes les aventures. Mon but: relier la vallée de la Durance à celle de l’Ubaye puis retour, en cueillant au passage deux cols supplémentaires à plus de 2.000 m: la Pare et Girabeau ; le tout dans la seule journée, joli défi.

Les jours précédents le temps fut superbe, mais cette fois il se dégradait et les orages menaçaient. Il n’était pas question de retarder l’échéance, je devais remonter chez moi le surlendemain. Mon séjour s’effectua avec la présence de ma compagne Odile. Sachant que les dix-huit premiers kilomètres se déroulent sur une petite route convenablement goudronnée, j’avais prévu de les parcourir avec mon vélo de course et de poursuivre jusqu’au final avec VTT de location ; ainsi se déroula l’opération suivante où Odile avec VTT dans le véhicule m’attendit à la Chalp pour que je puisse ensuite changer de monture.

Je partis du centre-ville en direction de Saint-André où, curieusement, il faut commencer par descendre jusqu’à Pont-Neuf, altitude 800 m, pour enjamber la Durance et débuter vraiment la montée. Le ciel était légèrement couvert, parfois le soleil faisait timidement son apparition et rien ne semblait inquiétant dans l’immédiat. Je me sentais bien et heureux en montant à l’aise avec mon 42 x 25.

Après quelques kilomètres, j’aperçus au loin un couple de cyclos que j’ai rejoint assez rapidement et avec qui j’entamais un brin de conversation. Ils me racontèrent être en fin de vacances après avoir cyclé à divers endroits et désiraient, tout comme moi, conclure par le col du Parpaillon. Ils n’avaient qu’une vague connaissance de ce dernier, même s’ils paraissaient être des cyclos chevronnés. Je montais avec monsieur (bon coup de pédale) jusqu’à l’intersection: la Chalp à gauche, Crévoux à droite ; où il attendit sa femme en retrait un peu en arrière. Entre temps j’avais passé la chaine sur le 28 dents à l’arrière car, il fallait l’admettre, pente assez régulière mais sévère. C’est à cette intersection que je laissais mon compagnon que, d’ailleurs, je ne reverrai plus. Je pris à gauche où, après la traversée du petit hameau, je retrouvai Odile et, tout en lui faisant part de mes inquiétudes sur la suite de l’aventure, car le ciel devenait de plus en plus inquiétant, je changeais de vélo pour les dix kilomètres muletiers.

Je n’ai fait que deux kilomètres et la pluie s’est mise à tomber, très fine d’abord, ensuite plus abondante. Arrêt rapide pour enfiler mon Gore-Tex. Je poursuis ma progression. Cette fois, je n’y échappe pas, c’est l’orage ; des éclairs zèbrent le ciel et ça tonne, je ne suis pas tranquille et si je me laissais aller je ferais demi-tour illico-presto, mais ce serait trop bête après tant d’espoir et être venu de si loin. Les grêlons après la pluie, c’est de plus en plus inquiétant. Les sommets paraissent sauvages ; on pourrait craindre << l’homme au marteau >> autrefois représenté par des dessins caricaturaux et humoristiques de Pellos. J’aperçois la cabane des Ecuelles, je suis sauvé.

Surprise ! Un couple de randonneurs touristes anglais s’y trouve déjà et, tout en enfilant des vêtements secs, puisque je suis trempé malgré le K-way, j’arrive à saisir quelques paroles. Ils sont partis très tôt à pied de Crevoux, ils sont montés au sommet puis redescendus pour se faire surprendre par cet orage au moment précis de leur passage devant cette cabane. Une chance pour eux partis sans aucune précaution, vêtements de rechange, K-way, etc. Quelle stupidité ! Après plus d’une heure d’arrêt, l’orage était passé, la pluie très fine ne cessait de tomber ; nous décidâmes de repartir chacun de notre côté.

À quelques centaines de mètres de la cabane sur la droite pour un petit détour, un chemin boueux me conduisit au col de Girabeau, 2.488 m. Il fallut davantage pousser le VTT que pédaler. Enfin sa majesté le Parpaillon m’apparût, mais bien tristounet dans son enveloppe brumeuse. À l’entrée du tunnel j’ai cherché un tube d’aspirine*** sans succès et, comme il ne cessait de pleuvoir, je ne me suis pas attardé.

Sans éclairage, j’ai réussi cette gageure… en avançant prudemment, en équilibre, de faire la traversée du tunnel d’une longueur d’environ 500 à 600 m sans mettre pied à terre, dans l’obscurité presque totale avec comme seul point de repère, une toute petite lueur au loin ; le tout sur un chemin défoncé, boueux, avec ornières ; et idem pour revenir.

Le panorama d’une grande désolation et le temps sur l’autre versant n’en étant pas meilleur, c’est avec amertume et déception que j’ai décidé d’abandonner mon projet initial de relier les deux vallées ; ainsi que de grimper le col de la Pare (2.655 m). Le retour et la descente jusqu’à La Chalp ne furent presque qu’une formalité, si j’excepte une chute sans gravité à cause de nombreuses rigoles sur le chemin.

Odile m’attendait patiemment, chaleureusement et tout sourire. Le soleil était présent ; en réalité l’orage n’était pas passé par là et elle ignorait qu’il n’en fut pas de même pour moi. À Crévoux, je voulus inscrire mon nom sur le livre d’Or, justifiant mon passage et, nouvelle déception, l’auberge était fermée****.

Une remarque non négligeable pour conclure: avec vélo de course et de bons pneus à bonne section, avec prudence, par temps sec je précise, il serait tout à fait possible de le grimper jusqu’au sommet ; mais malgré tout, si la goudronneuse ne passe pas par-là, le Parpaillon restera toujours le Parpaillon.

* Reprise par Gérard dont j’ai eu plaisir de faire la connaissance en 2002 dans les Dolomites. Contact: gerard.fillion-robin@orange.fr.
** Revues CCC No 8 / 11 / 13 / 15 / 16 / 21 / 22 / 23 / 42. — Revues FFCT de décembre 1994 et 2012 — Revue Le Cycle d’octobre 2011.
*** Un cyclo avait laissé un message glissé dans un tube d’aspirine, précisant qu’après lecture on prenne soin de le remettre à sa place. Il devrait être coincé dans un joint sous une plaque côté gauche. Voir revue CCC N°21 page 51.
**** De retour chez moi, j’ai envoyé une carte postale à l’auberge de la Ratelle pour signaler mon passage. Sur le livre d’Or, une petite place devait y être laissée pour poser ma signature un jour… prochain.

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