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Die Saga des Parpaillon

Der Tunnel - Alfeo Lotto CC Nr. 5650 - Zeitschrift Nr. 41, 2013

Tout au bout la lumière du jour, et la liberté enfin !

Ce passage légendaire, col hors du temps, qui depuis un siècle attire les pèlerins de tous cycles, me fait rêver depuis mes premiers pas dans la confrérie.

Avec Jean Perret nous avons tout prévu et tout calé : les détails du circuit, le mois, le jour, l’hôtel pour l’un, le camping pour l’autre, le grand beau temps et, griotte sur le gâteau… les femmes sont d’accord.

Enfin presque tout: une semaine avant, à Lescherraines, Jean se brise la clavicule !

A ce stade de projet, pour moi il n’est plus question de renoncer. Tant pis pour Jean le malheureux, il devra patienter et attendre des jours meilleurs.

Vendredi 10 août 2012, mon rêve est devenu enfin réalité.

Il fait frais: 10° C au compteur. Sur le goudron ça monte très fort dès le départ, mais gonflé à bloc j’avance vite. Le dernier hameau encore endormi est rapidement derrière moi. Les clairs obscurs du soleil rasant, les beaux lacets dans les mélèzes, les prairies bordées d’épilobes, et tout ce silence… quel bonheur d’être ici !

A la Cabane des Espagnols* surplombant un petit pont, le goudron s’arrête, place à la piste. Le tête à tête avec la pente devient alors un combat. Dans les secteurs ravinés il faut zigzaguer entre les pierres saillantes et les ornières. Quelques rares chants d’oiseaux entrecoupent la litanie monocorde des crampons qui mordent le gore poussiéreux. De ci de là, le sable garde en mémoire l’empreinte volatile de pas d’hommes et d’animaux, pneus de VTT, 4×4… combien sont-ils à être passés ici ?

Un bruit de moteur m’arrache soudain de ma solitude… un véhicule descend lentement, le conducteur me salue de la main. La forêt qui s’éclaircit laisse abondement pénétrer le soleil. Aucun répit dans la pente, et encore des lacets, je préfère ça aux lignes droites. Le compteur indique 5.2 km/h. Je descends et marche quelques mètres pour me détendre un peu, la vitesse aussitôt se réduit à 4 km/h. Je bois tout en marchant, la sensation d’asphyxie est moins forte. Sur la gauche, j’aperçois enfin le saut vertigineux de la cascade qui gronde sourdement depuis un certain temps.

Un bruit de moteur… encore ! Un, puis deux 4×4 kaki me dépassent à faible allure, le deuxième arbore un drapeau anglais collé à l’arrière. Ils entrainent derrière eux un nuage de poussière grise, j’enrage… ils auraient mieux fait de rester sur leur île et d’aller aux JO !

Je m’arrête carrément, pose mon sac à dos et m’assois sur un rocher bas, le temps que tout s’apaise.

Dix minutes après, au détour d’un lacet, je retrouve les britishs qui, descendus de leurs véhicules, admirent le paysage. Sur ce point, je suis d’accord avec eux, les marmottes aussi, il est sublime.

Dans le creux du vallon à la rase prairie, le cours d’eau s’écoule, subrepticement, entre les îlots blanchis de floconneuses linaigrettes. Perché au-dessus de la piste un petit refuge en pierre veille sur ce jardin alpestre.

Mais le bonheur est furtif… les véhicules approchent… c’est l’autoroute !

Bourrés de touristes, deux 4×4 tractant chacun une remorque comble de vélos-trottinettes aux grosses roues de motos me dépassent. Je ne sais s’ils sont moqueurs ou respectueux, mais j’ignore leurs saluts !

Je fais un petit aller-retour pour grappiller sur la droite un col tout proche. A presque 2.500 mètres, la vue à 360 degrés est grandiose et d’ici j’aperçois enfin mon objectif !

Trois lacets plus haut, arrêt photo, le col précédent est très visible. Le tintement clair des clarines me fait découvrir un immuable troupeau de vaches dans un pli du vallon.

Lorsque j’arrive au tunnel, les touristes aux vélo-trottinettes occupent toute la largeur de la piste et de la plateforme d’entrée. Sans descendre de vélo je traverse ce nuage bariolé, bruyant et gesticulant, entends quelques saluts et stoppe devant la gueule noire béante.

Les hautes portes métalliques, rabattues, sont couvertes d’autocollants et d’inscriptions de toutes sortes. Quelques photos pour immortaliser l’évènement s’imposent.

Tenant d’une main la lampe à dynamo et de l’autre le vélo, je m’enfonce dans l’angoisse. Quelques pas plus loin, je suis plongé dans une nuit d’encre, mon cœur fait un boucan d’enfer. Pour un filet de lumière quelques tours de manivelle sont nécessaires, mais tout en poussent le vélo c’est très malcommode. D’imprévisibles mares me poussent à marcher très près du bord, les embouts de guidon raclent la paroi et il pleut de la voute: << quelle m… ! >>
J’ai une brutale envie de faire demi-tour et de vite me << barrer >> de ce trou.

Je croise un couple à pied qui me demande si ça va ! Merci, c’est une attention sympa. Tout au bout la lumière du jour, et la liberté enfin !

Le versant sud est encore plus inondé de soleil et de côté aussi les portes sont taguées. Quatre randonneurs discutent et plaisantent. D’un peu plus loin j’observe le passage au-dessus du tunnel, un énigmatique sentier monte à l’assaut de l’abrupt et rocailleux adret. Ce méchant crapahut ne me dit rien qui vaille, tant pis pour le col géographique !

Je reprends le chemin inverse non sans avoir rechargé la lampe. Dans les ténèbres, les yeux blancs tremblotants de deux motos me font sursauter. Il ne manque plus que des rats ! Cette idée me hante… Pas un chat versant nord, magnifique ! Idéal pour faire une pause. A l’endroit où je m’arrête je trouve par terre une belle lampe frontale Petzl en parfait état de marche. Pourquoi ne l’ai-je pas trouvée avant ?

Bienheureux, délivré, je goûte une lente descente, je rattrape même les derniers velo-trottinettes paumés dans la poussière et la caillasse.

J’entendrai très longtemps ricaner dans mon dos l’horrible tunnel du Parpaillon.

*Entre le 27 Janvier et le 12 Février 1939, environ 500.000 Espagnols civils et militaires fuyant le Franquisme arrivent en France. Les réfugiés sont envoyés dans les camps. Dans le hameau de la Chalp (dernier hameau du récit), un camp d’Espagnols a été installé au début de l’été 1939. Ils avaient été envoyés en vue d’être employés pour l’entretien et la réfection de routes présentant un intérêt militaire (dont celle du col d’aujourd’hui). La ‘cabane des Espagnols’ servait d’abri pour les outils du chantier. L’auberge et l’abri se situaient en bas du col, pour se protéger des températures peu clémentes et pour bénéficier de plus d’espace. Ces travailleurs ‘volontaires’ resteront enfermés, séparés de leur famille et sous bonne garde militaire. Ils ont été employés à une série de travaux d’intérêt national.
Infos: https://www.crevoux.fr/patrimoine-culturel/cabane-des-espagnols-crevoux/

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