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La saga Parpaillon

Mon Parpaillon à moi - Noël Nominé CC No. 4681 - número 47, 2019

L’idée de gravir le Parpaillon me trottait dans la tête depuis plusieurs années, mais l’article paru dans le dernier numéro de la revue du CCC a été le déclencheur de cette folle idée. Nous devions, Elisabeth et moi, nous rendre en camping-car près d’Embrun début Octobre. Mon VTT était déjà rangé dans la soute. La météo étant des plus clémentes à cette époque de l’année, le 8 octobre nous sommes à Crévoux, à onze km du fameux Parpaillon et à 1.100m de dénivelé de son tunnel !

Le lendemain matin, il fait grand beau. Le moment du départ pour un événement exceptionnel est toujours excitant. Je me donne trois heures pour arriver à bout de ce mythique 2.637 m. En réalité deux heures et demie me suffiront. Deux heures et demie pour 11 km, cela peut paraître petit, mais je dois de rester modeste, la performance pour moi est de réussir mon pari et non pas de battre un record. Plutôt que de faire une description linéaire de cette ascension, – d’autres l’ont fait bien avant moi et bien mieux que je ne saurais le faire – je préfère en donner un ressenti personnel.

Les Espagnols et l’armée

Parti à 9 heures de Crévoux, je suis seul, absolument seul dans cet univers minéral que même les marmottes semblent déjà avoir déserté pour prendre leurs quartiers d’hiver. Pas un bruit, pas un brin de vent. Le silence m’environne. J’entends d’ici un vent de désapprobation d’oser partir seul dans ce milieu inhospitalier. Seul témoin d’une activité humaine passée: ce chemin tantôt rocheux sur lequel je parfois je roule, parfois je pousse ma monture. Parfois aussi je m’arrête simplement pour m’imprégner de la majesté des lieux et constater l’absence totale de réseau. En passant devant la cabane des Espagnols, je prends le temps de lire les explications qui y sont données ; j’imagine ces réfugiés espagnols qui ont déserté le régime franquiste et que l’armée française a réquisitionné pour remettre en état ce chemin d’intérêt militaire stratégique.

Au bout de deux heures je finis par me demander où il peut bien se cacher, ce tunnel. Ce n’est que dans les derniers hectomètres qu’il daigne s’offrir à ma vue, écrasé par le massif du Grand Parpaillon au nord et du Petit Parpaillon au sud. Là, comme un gamin, je laisse éclater ma joie: – Je l’ai eu!

Mais nul écho ne me revient. Comme si le Parpaillon avait avalé ma voix. Bien entendu, mon Olympus immortalise l’instant devant l’entrée du tunnel. Les deux battants du portail d’entrée sont bardés d’autocollants marquant les nombreux passages en ce lieu, mais nulle trace de celui du CCC ; impensable qu’il n’y soit pas, pourtant je ne le trouverai pas.

Malgré le soleil de cette fin de matinée, l’extrême fraîcheur me saisit.

J’ai bien tenté la traversée des 500 m de la longueur du tunnel, mais le sol glaiseux est truffé de nids-de-poule, pleins d’eau et plus noirs les uns que les autres. Mon éclairage ne m’indique pas leur profondeur. Au bout d’un moment, les flaques me renvoient l’image inversée du bout du tunnel que je devine au loin. Malgré la sécheresse sévissant depuis plusieurs mois, l’eau goutte en permanence du plafond, rendant le sol d’autant plus glissant. Tant pis pour la vue sur la vallée de l’Ubaye qui m’attend à la sortie, je préfère faire demi-tour, prudence oblige.

Girabeau paysage

Gavé de la beauté sauvage du site, j’entame la descente, mais avec l’intention d’aller décrocher en aller-retour le col de Girabeau (05-2488b) qui me semble à portée de pédale et facile d’accès vu depuis le Parpaillon. En réalité, avec mes modestes moyens, il n’en est rien, le poussage est souvent nécessaire. Mais au col, il y a la récompense, la vue sur le lac de Serre-Ponçon, 1.700 m plus bas.

C’est en retournant que je découvre le chemin grimpant en zigzags au col de Parpaillon, son tunnel minuscule perdu au milieu de ce désert minéral et le bleu du ciel. L’épicurien que je suis savoure le panorama grandiose et silencieux qui m’est offert et qui me donne un sentiment de toute-puissance.

J’imagine le chemin du col en plein été envahi de vététistes et de randonneurs montant à l’assaut du Parpaillon. J’imagine aussi ce paysage en plein hiver, enneigé, immaculé, perturbé par quelques randonneurs partis de Crévoux. Je m’étonne de ne voir nul remonte-pente, les promoteurs de stations de sports d’hiver n’ont-ils pas encore réussi à investir le site ?

Je reprends le chemin inverse, lentement, pour continuer à profiter le plus longtemps possible de cette  »montagne qui est si belle » si bien chantée par Ferrat. Je rêve de stopper la fuite inexorable du temps pour vivre intensément ces moments de bonheur, les retenir, les raconter à Élisabeth à mon retour, mais je sais qu’il me sera impossible de trouver les mots justes pour décrire l’ivresse de cette ascension.

Finalement, je retrouve le couvert de la forêt, le bitume et peu de temps après… Élisabeth venue à ma rencontre.
– Alors? me questionne-t-elle.
– Mission accomplie!

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